Bone, de George Chesbro

Publié le par elodie

bone.jpgRas-le-bol de lire des polars qui se ressemblent tous ! J'ai beau être accrochée à ma lecture, engloutir les pages sans parvenir à m'arrêter, 2 mois après je ne me souviens plus ni de l'intrigue ni du titre. L'efficacité est une qualité dans laquelle excelle de nombreux auteurs du genre. L'originalité est une vertu bien plus rare.


Raison de plus pour se plonger dans Bone si ce n'est pas déjà fait. Le livre date maintenant d'une vingtaine d'années, mais le thème n'a pas perdu de sa force. En lieu et place des polars historiques ou judiciaires qui fleurissent actuellement, on plonge ici dans le milieu des SDF new-yorkais.


Une équipe de travailleurs sociaux découvre un matin dans Central Park un sans-abri, surnommé Bone, prostré dans la boue, avec un fémur humain fossilisé à la main. Il a perdu la mémoire et ne se souvient plus ni de la vie qu'il a mené dans les rues depuis un an, ni de sa vie d'avant. Voilà qui tombe à pic pour l'accuser des meurtres de SDF qui se multiplient ces derniers temps. Pour cet homme qui doit faire connaissance avec l'inconnu qu'il est devenu pour lui-même, retrouver la mémoire devient une question essentielle pour éviter la folie comme l'incarcération.


Si l'intrigue est très réussie, c'est surtout cette enquête dans un monde volontairement ignoré de tous qui rend le livre inoubliable. Les SDF, qu'ils soient de New-York ou d'ailleurs, ont en commun leur transparence aux yeux des autres. Même s'ils ont fait la Une de l'actualité cet hiver, on ne les regarde pas vraiment et on sait finalement très peu de choses de leur vie.


Attention, ceci n'est pas un documentaire ni un pamphlet politique sur la condition des sans abris. Le sujet est abordé uniquement à travers l'enquête de Bone sur lui-même et, pas de doute, il s'agit bien d'un polar avec tout les incontournables du genre : les retournements de situation, le suspense, l'angoisse. Ces aspects-là sont même tout à fait réussis. Mais il est difficile, voire impossible de ne pas être touché au coeur ou, au minimum, happé par l'univers décrit ici : la hiérarchie qui existe dans cet univers à part, la fausse sécurité des refuges, le monde sous-terrain de la Big Apple où se terrent nombre d'entre eux.


Que c'est bon de lire un livre qui mêle à ce point humanité, intelligence et suspense, et qui décuple le plaisir du lecteur en se gravant dans sa mémoire !

Publié dans Comme un roman

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Super Croquette 29/05/2007 09:30

George Chesbro est un grand auteur. Il est peu connu en France et n'a été traduit que très tard, d'où le fait que Bone date autant. Et en effet il écrit très très bien, il n'applique pas une recette. Une seule déception: un recueil de nouvelles paru il ya un ou deux ans mais sinon je me régale depuis son premier roman publié en France.

A l'exception de Bone et Crying Freeman, tous ses autres romans sont centrés autour de deux personanges récurrents, deux frêres, et ponctuellement Veil un vétéran du Vietnam ou encore la femmes charmeuse de serpents. Je vous recommande ces livres mais je recommande de les lire dans l'ordre; un petit plus aussi chez Chesbro : ses titres magnifiques " l'ombre d'un homme brisé", " l'odeur froide de la pierre sacrée"...

elodie 29/05/2007 10:48

Merci, super Croquette, j'en lirai d'autres, très certainement !