Y'a plus de saisons !

Publié le par elodie

le-wwf-partenaire-du-film-une-verite-qui-derange.jpgJe n'ai pas franchement une âme de militante, mais pour la première fois, en regardant Une vérité qui dérange, le documentaire avec Al Gore avant hier soir, j'aurais bien pris un porte voix et une ou deux banderoles pour aller défiler dans les rues.

Je ne sais pas ce qu'aurait valu Al Gore en tant que président des Etats-Unis, mais je me dis qu'en matière d'environnement, il serait peut-être parvenu à alerter son peuple sur l'urgence de la situation. Voici un homme qui passe son temps à jouer les conférenciers pour informer l'Américain moyen particulièrement imperméable à ce genre de sujet (sans doute plus encore que l'Européen moyen, c'est tout dire), alors qu'il n'a pas besoin de ça pour vivre (il n'est pas précisément sorti du ruisseau le monsieur en question) et qu'il ne sera très probablement jamais à nouveau dans la course à la maison Blanche. En tant que président, il aurait bien consacré une toute petite part au moins de son énergie à réduire l'émission des gaz à effet de serre, non ?


Pour quiconque connaît un peu le sujet, le film n'apporte aucune information révolutionnaire. Mais il a le mérite d'énoncer clairement des vérités appuyées par certains chiffres évocateurs.


Pour tous ceux qui doutent encore que le réchauffement de la planète soit une conséquence de l'activité humaine, il devient donc forcément dérangeant. Ce doit être nettement plus difficile de croire en l'existence d'une controverse scientifique sur ce point quand on entend que, sur les 928 études réalisées sur le sujet, celles qui doutent du lien entre l'activité humaine et les bouleversements climatiques sont au nombre faramineux de............tadam............... 0 ! Oui, toutes les études sans exceptions s'accordent sur ce point.


Ça fait du bien aussi d'entendre un homme politique américain de premier plan signaler que la lutte contre le terrorisme ne doit faire oublier les autres priorités. Si le dérèglement du climat se poursuit, la fonte des pôles entraînera une montée des océans et l'immersion de nombreux territoires côtiers. Y compris aux Etats Unis ( ça commence à devenir intéressant pour l'auditeur américain). Y compris à New York (cette fois, le même auditeur américain écoute vraiment). Y compris à l'emplacement exact du Mémorial du 11 septembre (si ça continue, il va même devenir passionné par le sujet !). La raison même de la lutte « for freedom » pour reprendre les termes chers à Bush pourrait bien finir noyée sous les flots !


Mais comment admettre que nous sommes responsables et ne rien changer à notre façon de vivre sans ressentir un pincement de culpabilité ? Et pourtant, lequel d'entre nos a envie de faire une croix sur notre monde, nos voyages en avion, nos produits bon marchés importés du bout du monde ? Aïe, aïe, aïe ! Pour Al Gore, ce n'est pas un problème politique mais le plus grand « challenge moral » de notre civilisation. Il n'a sans doute pas tort. Mais cette interrogation morale ne peut commencer que si nous ne renvoyons pas toujours la faute aux autres : au hasard, aux générations passées, ou... aux Américains.


Bon, si je quitte un peu mes envies de changer le monde et que je devient très très honnête, je dois bien avouer que parfois, j'écoute volontiers le côté irrationnel qui est en moi (ce n'est pas trop dur, je dois bien le reconnaître, il sait rester discret) et je me dis qu'un tout petit réchauffement de la planète ça nous ferait pas de mal, surtout en ce moment. Pas de quoi fouetter une chat, hein, juste un air chaud passager qui nous ferait quitter les pulls et les pantalons chauds pour les tee-shirts et les jupes légères. Un petit côté l'été presque à l'heure. Enfin, je dis ça, mais en vrai c'est juste pour servir LA cause, parce que si on continue avec ce temps pourri, plus personne ne va croire au réchauffement de la planète !

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