La femme du Ve, de Douglas Kennedy

Publié le par elodie

femme-du-V.jpgCela faisait longtemps que je n'avais plus parlé de mes lectures. Et moi qui m'étais promis de n'évoquer ici que mes plaisirs de lectrices, voilà que je viens raconter une déception. Et pas n'importe laquelle, puisqu'il s'agit du ernier roman de mon chouchou, Douglas Kennedy.


J'imagine déjà les soupirs exaspérés de certains, et je veux bien reconnaître que Kennedy a ses défauts. Oui, c'est plutôt commercial comme littérature. Oui, il écrit (trop) souvent les mêmes histoires. Oui, c'est typiquement l'Américain chéri des Françaises. Mais je plonge à chaque fois avec bonheur dans ses romans. Comme certains se délecte d'un pot de Nutella, gourmandise loin du raffinement d'un macaron Ladurée, je sais que je vais savourer un moment de plaisir en lisant le nouveau Kennedy. Parfois le plaisir est délectable, même s'il est souvent simplement agréable. Cette fois, rien, juste une immense déception.


L'histoire commence pourtant comme dans un vrai Kennedy, avec un de ces héros qui voit s'effondrer son bonheur américain presque parfait. Après avoir vue sa vie réduit en miettes suite à la perte simultanée de son poste de prof, de sa femme, de l'amour de sa fille, de son compte en banque et de réputation, Harry débarque à Paris comme on cherche un refuge. En guise de refuge, il finit de toucher le fond dans une chambre de bonne minable du Xe arrondissement. Après sa rencontre inopinée avec la mystérieuse femme du Ve, une belle hongroise de 15 ans son aînée, sa vie prend un nouveau tournant, et le roman aussi. Mais au lieu de se renouveler, l'auteur patauge et sombre dans un univers bien éloigné de ses ambiances habituelles et dans lequel il ne sent pas aussi à l'aise.


Le cauchemar dans lequel est plongé son héros n'est pas parvenu à me toucher, pour la simple et bonne raison que pour être touché, il faut d'abord adhérer à l'histoire qui nous est contée. Tout ce qui fait le talent de Douglas Kennedy, et notamment sa capacité à faire partager les affres de ses personnages, semble en panne dans cette étrange histoire.


Rien ne subsiste du plaisir éprouvé à la lecture de L'homme qui voulait vivre sa vie, de Cul de Sac ou de La Poursuite du bonheur. Dommage.

Publié dans Comme un roman

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