Future chanteuse lyrique cherche contrat

Publié le par elodie

bilan-competences.jpgJe suis donc en plein bilan de compétences. Non que j’en ressente précisément le besoin, mais disons qu’à l’ANPE on ne m’a pas vraiment laissé le choix. Et comme je n’ai pas droit aux Assedic, si je veux obtenir une quelconque formation, j’ai intérêt à jouer le jeu. Côté jeu, je ne suis pas trop déçue pour le moment.

Première étape, on a tout plein de questionnaires à remplir. Presque aussi rigolo que les tests de Cosmo ou autres mags féminins en été, sauf qu’il n’y a pas de question coquine. Bon en même temps, vu que mes données sont entrées sur ordinateur et analysées non pas pas par mes copines mais par un monsieur plus sérieux et pas ultra sexy, j’aime autant que ça reste soft.

A part ça, les questions sont plutôt variées. Etes vous émotif ? Avez-vous le sens de l’humour ? A priori ça ne porte pas que sur le boulot, à moins qu’on cherche à recruter des clowns en masse.

Comme tout test qui se respecte, on a bien sûr droit aux questions stupides, auxquelles tout le monde va répondre la même chose. On a beau dire « répondez la vérité », j’imagine mal un candidat cocher la case « je suis peu loyal » « je suis léger avec peu de conscience professionnelle » ou « je suis hermétique à l’ensemble des choses ».

Sur ce plan ça m’a un peu rappelé les fiches qu’il fallait remplir dans les avions à destination des Etats-Unis à une certaine époque. J’adorais les questions « venez-vous au Etats-Unis dans l’intention de commettre un délit ? » ou « Etes-vous l’auteur d’un crime de guerre ? » et plus encore la petite note en bas de la page « si vous avez répondu oui à l’une de ces questions, votre entrée sur le territoire américains risque de poser problème ». Ah bon ?

Bref, Bilan de compétences ou fiches pour la douane américaine, même combat : on vous pose des question sur votre honnêteté et vos bonnes intentions en espérant que les fourbes et les terroristes vont se dénoncer tout seul. Eh oh, là, il faut redescendre sur terre.

Mais le bilan de compétences ne cherche pas franchement en phase avec la réalité. Dans la réalité, on vous proposerait un métier qui vous corresponde plus ou moins, mais surtout qui colle à vos compétences possibles et aux réalités du marché. Mais on est en France, un pays où le marché de l’emploi n’est pas toujours d’une gaieté folle. Raison de plus pour se déconnecter carrément du monde réel et de jouer comme les gamins à « on dirait que je serais une princesse (ou Zidane pour les garçons) ». Il faut croire que les gens qui passent des bilans de compétences ont vachement plus envie de jouer que de trouver un boulot. Ou en tout cas que c’est ce que pensent ceux qui leur font passer ces bilans.

Voilà donc comment, moi qui suis venue là parce que, même si j’adore mon boulot, j’en ai marre de ramer pour glaner quelques piges, on me propose (sic) : chanteuse lyrique (pourquoi lyrique d’abord ?), comédienne, prof de danse (ah, ah, ah, heureusement que j’ai coché oui à la case « avez-vous le sens de l’humour ? »), graphiste, scénariste, ou éditeur. Et j’en passe des métiers d’avenir qui recrutent autant que ceux-là. Surtout que même si le marché de l’emploi recherchait autant de chanteuses lyriques que de cuisiniers ou de tourneurs-fraiseurs, je ne vois pas quel maso voudrait m’entendre chanter à longueur de journée !

Bon j’exagère, on me propose aussi de reprendre mes études. D’accord j’avais parlé d’une formation, mais de préférence pas trop longue. Et puis comme j’ai déjà donné côté études, je me disais que quelques mois devraient suffire. Alors désolée, mais pour me reconvertir en médecin psychiatre (médecin tout court, non, c’était sans doute trop facile, on me colle carrément l’internat comme objectif), en magistrat ou en paléontologue, je ne suis pas super motivée. On me conseille aussi chercheur en médecine, et là, c’est l’aboutissement total, l’occasion rêvée de concilier repris d’études longuissimes et salaire de misère (merci Ashley de m’avoir prévenue, on ne sait jamais).

Les résultats sont finalement encore plus rigolos que dans les tests des magazines féminins. D’ailleurs, j’ai trouvé comment me reconvertir : je devrais concevoir des bilans de compétences, au moins je passerai mes journées à me marrer !

Publié dans Ma p'tite vie de fille

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Commenter cet article

freesia 28/09/2007 10:21

kafkaien !

elodie 28/09/2007 15:16

C'est le mot. Surtout quand tu vas les voir parce que tu n'as plus de boulot comme journaliste et qu'on te propose de te recycler en... rédacteur en chef !

Super Croquette 28/09/2007 08:04

Et rédactrice-conceptrice de tests féminins sonores ?

elodie 28/09/2007 15:20

ce qui m'étonne c'est qu'on me propose "édcuteur de jeunes enfants", "insiti", "psychomotricien" et pas orthophoniste. J'ai du mal à suivre leur logique...

NatduVénéz 28/09/2007 02:54

Moi aussi ça m'a toujours fait rire les questionnaires pour entrer aux Etats-unis...
Pour les bilans de compétence, je ne connais pas, mais apparemment, je ne râte rien !
Bonne chance alors !!!
parce que les études de médecine, c'est long :-)....

sylvie 27/09/2007 20:56

Désolée, c'est pas drole mais je suis quand même mdr! J'adore tes commentaires et je te vois tout à fait en chanteuse lyrique! Mais reconnaissons leur un truc, ils ne font pas de sectarisme et ratissent large!

elodie 28/09/2007 15:13

ça pour râtisser large... J'ai même dit au type qui m'a parlé de me reconvertir en "scénariste" que j'étais d'accord pour gagner au loto aussi, mais ça n'était pas dans leurs propositions...

Ashley 27/09/2007 20:25

EN même temps, tu n'y mets pas du tien, c'est quand même pas bien compliqué d'ouvrir ta propre maison d'éditions spécialisée en livres sur les danseurs illustrés par des graphistes et en CD de chant lyrique.

elodie 28/09/2007 15:10

Tu as raison, c'est un truc simple à faire, pourquoi je me casse la tête ?