Interdit aux touristes

Publié le par elodie

Quand je suis arrivée en Vendée, personne ne m’avait prévenue que les Vendéens avaient autant de point de commun avec les Corses (Ça y est, je commence à me faire des ennemis, là, je le sens).

 

Non mais c’est vrai, la Vendée n’est pas une île, mais par certains cotés, elle y ressemble. C’est à peu près aussi facile d’y accéder. Pas d’aéroport, pas de TGV, même pas de train tout bête direct depuis Paris. D’ailleurs, demandez autour de vous de situer globalement la Vendée et la Corse sur une carte, je suis sûre que vous aurez moins d’erreur sur la Corse.

 

Tout comme les Corses, les Vendéens aiment leur « pays » et leurs « concitoyens ». Si vous avez une goutte de sang vendéen venue d'un lointain ancêtre, pas de problème. On ne vous laissera pas tomber. Sinon, il vaut mieux faire illusion et avoir un nom qui sonne local. D’ailleurs, vocalement, les noms vendéens pourraient presque passer pour des noms corses même si l’orthographe en « -eau » fait un tout petit moins méditerranéenne. Les Vendéens étant plus tranquilles que les corses (j’ai parlé de ressemblances, mais il y a des limites, tout de même), vous n’aurez tout de même pas de souci à vous faire si vous avez le mauvais goût de ne pas avoir un nom du coin. Ils ont même adopté quantité d’Anglais, c’est pour dire.

 

Mais là où la ressemblance est la plus frappante, c’est dans le nombre des indications de chemin. Dans une ville normale, il y a des panneaux de signalisation, des fléchages, des plaques qui indiquent des noms de rue. Je ne sais pas si vous vous êtes déjà promenés dans un petit village de montagne en Corse, mais il ya de quoi se paumer : les rues n'y portent aucun nom. Et ce n’est ni un oubli, ni une manifestation de flemme. La raison est bien plus simple : si vous ne savez pas dans quelle rue vous êtes, c’est que vous n’avez rien à faire là.

 

En Vendée, les rues des villages portent souvent un nom. Mais ils otn aussi quantité de lieux-dits qu’il est souvent difficile de dénicher. Et quand votre Terrible est invité à un anniversaire chez un copain qui habite une maison du village d’à-côté, ne comptez pas sur les ballons exposés devant la maison pour vous repérer. Demandez d’abord si la maison est dans le bourg ou pas. Sinon, d’ici à ce que vous tombiez enfin sur le bon lieu-dit et sur la maison aux ballons (sans pouvoir téléphoner car il n’y a bien sûr pas de réseau dans ce coin perdu), attendez-vous à subir les plaintes et les angoisses du Terrible tout le long du chemin.

 

Et si vous vous aventurez au-delà du canton, n’oubliez pas votre carte routière. C’est vrai, mon sens de l’orientation est au niveau du néant. J’ai déjà du mal à différencier ma droite et ma gauche alors c’est sûr, que ça n’aide pas. Mais tout de même. La logique (ou du moins les règles qui m’ont permis de ne pas errer pendant des heures dans d'autres coins de France) voudrait que le fléchage indique au moins le gros bourg le plus proche.

 

Sauf que les Vendéens ont leur logique à eux. Et vous avez des chances d’avoir une flèche qui vous indique le sentier de randonnées le plus réputé, l’église à visiter absolument, le cabinet médical le plus proche ou le prochain hameau (3 maisons au grand maximum et des champs autour), mais pour le reste, vous pouvez toujours attendre. Et comme les nationales ne sont pas fréquentes dans le coin, vous pouvez rouler pendant 15 minutes sur une route de campagne, avec pour tout repère un champ de maïs à droite, et un épouvantail à gauche, sans croiser personne.

 

Maintenant j’ai compris, il m'arrive d’oublier à peu près tout, mais une chose est sûre : ma carte routière de la Vendée ne quitte JAMAIS ma voiture. Je ne vais d’ailleurs pas tarder à avoir un souci car à force de m’en servir, la pliure a fait un gros trou en plein dans la zone où j’habite.

 

Malgré tout, ma carte routière n’est parfois pas suffisante. En particulier en cas de travaux sur les routes, ce qui, comme partout, arrive assez fréquemment. Mais qui dit travaux dit déviation. Les Vendéens ne sont pas en retard. Ou les messieurs qui font les travaux ne sont pas en avance, c’est une question de point de vue. Toujours est-il que la déviation est généralement  annoncée une bonne semaine avant les travaux. Et que par sécurité, on ne sait jamais s’il y avait besoin d’un petit complément, on laisse aussi les pancartes quelques jours après. Au début ça surprend. Surtout quand les gens viennent chez vous et vous annoncent qu’ils ont mis du temps à arriver à cause de la déviation. Ah bon, une déviation ? Ah mais c’est pas pour tout de suite, les travaux n’ont pas commencé, il fallait l’ignorer.

 

Quand vous vous êtes fait avoir une fois, vous devenez méfiant. Et vous vous dites que la déviation est un mythe pour stresser les touristes. C’est comme ça qu’un jour vous finissez nez à nez avec une pelleteuse et que vous êtes  bien contente d’avoir de bons freins et des ABS parce que votre voiture n’aurait sans doute pas apprécié le trou devant lequel elle a stoppé net.

 

Mais travaux ou pas, je vous déconseille de suivre un fléchage déviation si vous ne connaissez pas par cœur les petites routes départementales, voire les chemins vicinaux du coin. Parce qu’au départ tout va bien : la flèche jaune vous indique effectivement que si vous souhaitez vous rendre au village de Trifouillis, vous devez désormais prendre la première à droite. Sauf qu’à la prochaine intersection, vous pourrez chercher longtemps un autre fléchage déviation. C’est bien connu, les déviations, ça sert avant tout à perdre les touristes. Inutile dans ces conditions de leur indiquer quel chemin prendre.

 

Je ne suis donc officiellement plus une touriste après deux ans et demi en Vendée. Hier pour la première fois, j’ai pris une déviation et j’ai trouvé toute seule la route à suivre. Et cerise sur le gâteau : je ne me suis même pas servi de ma carte routière !

 

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isabella 27/10/2007 14:21

Je te rassure, après 7 ans passés à Lyon, c'est la meme galère, mais plutot à cause des sens interdits que des déviations... Après, c'est pareil, faut se débrouiller. Fut un temps, je suivais meme la voiture qui était devant moi en me disant qu'avec un peu de chance, elle allait au meme endroit que moi...

elodie 10/11/2007 10:10

Moi ausis je suis les voitures quand je me sens paumée. Après tout, je suis sûre d'arrivée quelque part, c'est déjà un début !

NatduVénéz 26/10/2007 00:25

Ah ?! Trifouillis c'est en Vendée ! je me suis toujours demandé où c'était...
Mais Petaouchnok, c'est aussi par là ?

elodie 26/10/2007 18:22

mdrrrrrrrrrrrr ! Sans doute, mais Petaouchnok, il faut vérifier, ma carte est toruée, ça doit se trouver juste dans un trou !

sylvie 25/10/2007 21:14

j'aimerais tant me retrouver à nouveau avec toi en voiture au milieu d'un champ de maïs alors qu'on cherchait un pompe à essence! j'en ris encore...

elodie 25/10/2007 22:50

Hé oui (soupir !). Mais si tu veux, la prochaine fois que tu viens, on repart à l'aventure sans carte routière (mais peut-être avec un plein d'essence...) !

Sophie 25/10/2007 05:08

Et bien chez moi (enfin mon chez moi familial de quand j'étais petite!), en Bourgogne, c'est pareil! Des hameaux, et pas de pancartes.

elodie 25/10/2007 10:51

Et dans ton chez toi d'aujourd'hui, c'est comment ? Il y a des pancartes sur les îles ?

freesia 24/10/2007 22:59

et alors, Terrible, Il est arrivé à temps pour souffler les bougies?? lol

elodie 25/10/2007 10:50

Oui, mais ça m'a servi de leçon ! Maintenant je me renseigne avant.