La marguerite sur le béton

Publié le par elodie

Paris_Metro_Enseigne.jpgVous avez vu comme je fais dans la poésie aujourd’hui ? Vous avez le droit de vous extasier. D’autant plus que ce titre ultra recherché sert juste à vous expliquer que j’avais disparu de la circulation pour cause de déplacement à Paris. Et que je n’ai pas été pervertie parce que ça ne m’a donné du tout, mais alors pas du tout, envie d’y vivre.

 

Il faut dire que j’ai déjà donné, que j’ai testé longuement la vie parisienne avant de m’exiler dans la campagne profonde et qu’il y a une longue listes de choses qui ne me manquaient pas franchement.

 

Au hasard, juste comme ça, par exemple, on va dire les trajets à métro. J’attaque fort, je sais, mais il faut dire que j’en ai eu ma dose. Une heure le matin, une heure le soir pendant 15 jours, ce qui au bout du compte correspond à peu près aux trajets quotidiens de nombreux parisiens et n’atteint même pas le quota journalier de temps de transport des banlieusards.

 

Sauf que moi je n’ai plus l’habitude. Donc j’ai été choquée comme une débutante par les abrutis qui se prélassent sur leurs strapontin pendant que les 48 autres personnes présents dans le même petit carré prennent un plaisir fou à respirer les effluves fabuleuses de leurs voisins et tentent d’échapper aux pieds, aux coudes, mains, etc, un peu envahissants, le tout en s’accrochant d’une seule main à leur bouquin et à la barre centrale. L’avantage dans tout ça c’est que ça m’a économisé des cours de stretching : j’ai développé ma souplesse et jouer les contorsionnistes.

 

J’ai aussi failli me battre avec une nénette qui a grillé allègrement toute la queue à l’unique (forcément) guichet ouvert d’une station de métro, un jour où la guichetterie automatique était (forcément) en rade. Mais les 5 autres personnes qui, tout comme moi, attendaient sagement leur tour n’ont même pas soulevé un sourcil.

 

Là aussi, je vous dis, c’est le manque d’habitude qui m’a fait réagir. Après s’être pris 4 portes en pleine gueule, aimablement balancées par les personnes de devant qui ne peuvent pas perdre 1/2 seconde à la tenir, s’être fait jeter par la boulangère si on ne fournit pas l’appoint pour son croissant et klaxonné par un automobiliste parce qu’on n’a pas la foulée de Carl Lewis lorsqu’on traverse au passage piétons, on est blindé. Et se faire piquer sa place dans une file d’attente ne mérite pas qu’on se rebelle.

 

Alors que moi, non seulement provinciale mais campagnarde, j’ai perdu TOUS les codes parisiens et je me suis révoltée. En vrai je l’ai juste engueulée, ce qui d’ailleurs n’a rien changé à l’affaire, la pétasse en question n’ayant daigné ni retiré son i-pod, ni même me lancer un regard. J’étais non seulement tombée sur une pétasse, mais sur une pétasse récidiviste blasée comme on n’en voit qu’à Paris ! Devant un tel professionnalisme, il ne me restait plus qu’à m’énerver toute seule et prendre sur moi.

 

Et je ne parle bien sûr ni des odeurs, ni des bruits divers et variés, ni des tirades pas vraiment renouvelées de tous ceux qui ont 12 enfants, pas de travail, pas de chômage, qui sortent de prison et ont payé leur dette à la société, mais qui prennent un peu de monnaie, les tickets restaurants, la carte bleue et les tickets gagnants du loto.

 

Je sais, je suis de parti pris. J’aurais pu aussi évoquer les bons côtés.

Comme les rencontres avec les copines de la vraie vie ou d’internet. Eh oui,  j’ai enfin eu notamment le privilège de voir Ashley en vrai, d’entendre sa vraie voix, et son vrai rire, et de vérifier que oui, elle aime les sushis pour de vrai. Je peux donc vous assurer qu’elle n’a pas du tout les cheveux de Jean-Pierre François, qu’elle est même à coup sûr la top model de son labo et qu’en plus elle a un trop joli chapeau.

 

Ou mes virées dans la gastronomie asiatique, parce que les resto indiens, ou japonais, ça ne court pas les chemins vers chez moi, et que la citronnelle fraîche ne pousse pas dans le potager pourtant impressionnant de mon voisin Maurice.

 

Il ne me reste plus qu’à organiser une grande fête chez moi pour réunir tous ceux que j’aime et qui ont la mauvaise idée d’habiter loin (le premier qui me dit que justement je vais bientôt avoir un truc à fêter je lui saute à la gorge !) et d’écrire à Tang frères pour qu’ils ouvrent une succursale dans la Vendée profonde et ce sera parfait !

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Sophie 09/02/2008 00:29

Madame la Capagnarde, je t'ai taguée; ça se passe ici pour en savoir plus:
http://leslecturesdesophie.blogspot.com/2008/02/enfer-et-damnation.html

elodie 11/02/2008 18:51

ça me fait penser que je n'ai jamais répondu à un précédent et fort vieux tag d'Ashley. Va falloir que je fasse d'une pierre deux coups.

Ashley 04/02/2008 09:43

Moi je tiens la porte (et je dis CONNARD si on ne me la tient pas). Le pire étant le blaireau qui se retourne, voit que tu es derrière ET chargée comme un baudet et BAM il lâche la porte juste avant que tu arrives (CONNARD)

En tous cas j'étais bien contente de te voir

elodie 04/02/2008 13:48

Oui ceux qui lâchent la porte exprès méritent le titre de "connard du jour". Moi aussi j'étais bien contente de te voir, mais je ne desespère pas de te voir aussi en Vendée !

Super Croquette 03/02/2008 23:12

Ceci dit les copines de Paris ne pousseront jamais la cruauté à t'obliger à demeurer plus longtemps ici, mais elles se réjouissent de t'avoir vue. Et je te rassure 18 ans plus tard je fais partie de ces irréductibles qui tiennent la porte aux autres. Mais quand on ne dit pas merci je me révolte aussi et je le dit tout haut!

elodie 04/02/2008 13:45

Oui il ya des irréductibles encore, heureusement ! J'ai même trouvé que les Parisiens faisaient des progrès sur certains points comme celui des crottes de chien. Mais bon, on partait de loin, difficile de faire pire ! Peut-être que la prochaine fois je verrai des gens aimables et souriants dans le métro...

Isabella 02/02/2008 23:42

Je te rassure à chaque fois que ej vais voir Ashley je suis quand même bien contente de rentrer chez moi ensuite! (à cause de Paris hein, pas à cause d'elle)

elodie 04/02/2008 13:42

ah toi aussi ? va falloir faire bouger Ashley pour la voir ailleurs qu'à Paris alors !

freesia 01/02/2008 20:42

mais si... là... tu sais... t'as un truc super important à fêter !
sorry c'était trop tentant !
welcome back !
biz

elodie 04/02/2008 13:41

Méchanteeuuuuu ! enfin, maintenant que je suis de retour on va pouvoir se voir ! bisous