Mon problème avec la Poste

Publié le par elodie


Si un jour je vais chez un psy, je serais obligée de lui parler de mon principal blocage : la poste.


Gamine déjà, j’écrivais de longues lettres à mes copines de vacances. Et quand je dis longues, je n’exagère pas, elles comptaient jusqu’à 15 pages parfois. Il faut dire que j’avais toujours le temps de rajouter un épisode car je laissais les lettres traîner des jours et des jours avant de me décider d’abord à les mettre dans une enveloppe, puis à les poster.

 

En revanche, il ne fallait pas compter sur moi au moment des vœux de fin d’année, à moins d’être prêts à les recevoir en mars, ni pour les cartes postales de vacances, postées mais après mon retour, ou pour remercier un(e) bienfaiteur (trice) d’un cadeau d’anniversaire dans les délais habituels. Les lettres étaient toujours écrites, parfois postées, mais jamais dans les temps.

 

Or s’il y a de mauvaises habitudes dont on se défait avec le temps, ma négligence postale n’en fait pas partie. Je dirais même que ça s’est aggravé. Enfant je pouvais compter sur une bonne âme pour acheter un timbre et s’arrêter à ma place devant une boîte à lettres. Adulte, c’est plus délicat.

 

J’ai bien essayé pendant une période avec mon mari, mais ça n’a pas tenu longtemps. Son prétexte : la poste n’est ouverte que lorsqu’il est au travail. Et voilà encore une conséquence néfaste et injuste d’avoir son domicile pour lieu de travail : puisqu’on peut s’organiser comme on veut, on a aussi la possibilité d’aller à la poste. Fini donc le bon temps où je pouvais lâchement me débarrasser de mon problème en lui faisant passer en douce lettres et petits colis. Désormais, je suis bien obligée de m’y coller. Et quand on vit en pleine campagne à des kilomètres de sa famille et de ses amis, ça devient vite une obligation récurrente.

 

Côté thérapie, j’ai un peu tout essayé. Je me suis même mise à participer à des swaps croyant que cela aiderait, mais même pas. J’ai bien réussi à envoyer mes colis dans les délais, mais c’est tout. Je me fais un peu penser à ceux qui tentent le saut à l’élastique pour en finir avec leur peur du vide et qui doivent se contenter d’une bonne frayeur qui ne règle rien du tout.

 

Il faut dire que je ne suis pas aidée.

 

La poste à la campagne a de gros avantages. Le premier c’est qu’ici le papier déposé en douce dans la boite à lettres par un facteur flemmard qui n’a pas envie de se fatiguer à monter trois étages avec l’ascenseur pour vous remettre votre paquet, ça n’existe pas. Le facteur local est bien trop heureux de taper à la porte pour vous faire la causette, on ne sait jamais, peut-être qu’un client compréhensif lui offrirait un coup à boire. Eh oui, pas besoin d’aller voir les Ch’tis pour ça, chez moi c’est tout pareil !

 

Autre gros avantage : les files d’attente sont proportionnelles aux embouteillages. Autrement dit, si ça va lentement sur la route comme au bureau de poste, ce n’est pas parce qu’il y a beaucoup de monde mais parce qu’il y a un ou deux petits vieux qui ont tout leur temps devant eux et qui ignorent ce que le mot « pressé » peu vouloir dire. Et encore, en voiture, vous pouvez aussi devoir vous arrêter pour laisser traverser les vaches, mais par bonheur elles ne fréquentent pas la poste.

 

En revanche, il faut compter avec d’autres soucis, moins fréquents en ville. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, je trouve plutôt que les bureaux de poste ou les points postes sont assez nombreux. Mais mieux vaut transporter avec soi la liste précise de leurs heures d’ouverture. Parce que le plus près de chez moi est ouvert tous les matins, et seulement le matin, alors que tel autre ne l’est que trois matinées par semaine, et que celui-là accueille les clients toute la journée, mais ferme plus tôt que ce 4ème. Inutile de vous dire que tout ça ne colle pas vraiment avec mon sens aigu de l’organisation.

 

D’autant plus que je soupçonne un être vicieux et mal intentionné d’avoir repéré mon problème et d’en rajouter une couche en modifiant régulièrement les horaires de mon bureau favori. Il y a  donc les horaires d’été, ceux d’hiver, les « changements définitifs d’horaires » qui durent 3 mois environ et les « modifications exceptionnelles » qui font qu’à coup sûr je trouve porte close.

 

 

Et puis le jour où par miracle, je parviens à franchir le seuil de la poste, je dois encore affronter un guichetier aimable (si, si, c’est vrai, ici ils sont aimables), mais dont la vivacité d’esprit est équivalente à celle du concombre des mers. Ce qui donne parfois des réflexions étonnantes :

 

« Si, si je vous assure Tahiti, c’est la Polynésie Française, je pense que vous pourrez trouver ça dans les tarifs dom-tom plutôt que dans ceux de l’étranger »

 

« Vous êtes sûr que pour l’Allemagne il ne faut pas prendre une liasse « Europe » ? »

 

 « Mais oui, je comprends vous n’arriviez pas à calculer le montant global avec votre ordinateur, vous avez raison de le faire à la main, ça sera plus rapide ! »

 

Vous voyez j’ai des excuses. Alors j’évite autant que possible d’aller à la poste, j’achète mes timbres en gros, et parfois, prise de remords et de l’envie d’entamer une nouvelle phase de ma thérapie, j’attrape toutes les lettres timbrées qui traîne à la maison, et je me précipite devant la boite à lettres la plus proche pour tout y déposer. C’est bien, non ? Pas toujours justement. Surtout quand ça aboutit au dialogue suivant avec ma Sauterelle :

 

- Maman, elle est où l’enveloppe que j’ai préparée pour ma copine Félicité ?

- Postée ma chérie, tu as vu comme j’ai été rapide cette fois ?

- Heu, maman, je n’avais pas fermé l’enveloppe…

- ah ben ça ma chérie, c’est pas malin, j’espère que la lettre ne va pas en tomber

- Elle ne risque pas, je ne l’avais pas encore mise à l’intérieur ! Tu as posté une enveloppe vide maman !

 

Vous croyez que je peux encore aller voir un psy ou que mon cas est désespéré ?

Publié dans Ma p'tite vie de fille

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Dulcinea 11/05/2008 11:34

ça peut aussi être très charmant.;l'étourderie..disons que une enveloppe vide pour la copine de fille est pas bien grave ..et ça va le faire comme histoire rigolote a raconter plus tard..par contre..une enveloppe vide adressé aux Impôts ...ça peut être plus facheux ;-)

elodie 13/05/2008 17:55


Merci et bienvenue ! Tu as raison, je vais y regarder à deux fois avant de poster ma prochaine enveloppe aux impôts :-)


Super Croquette 28/04/2008 21:43

Irrécupérable ? ça me parait clair!

elodie 29/04/2008 10:06


Tu viens de piétiner mes derniers espoirs ! quelle horreur ! ;-)


freesia 27/04/2008 18:41

excellent ! :)))

elodie 27/04/2008 20:40


ça veut dire que je suis irrécupérable, tu crois ?


sylvie 26/04/2008 21:36

désolée, mais je ne peux pas m'en empêcher, cette histoire restera parmi celles qui me font à coup sûr pleurer de rire. Encore bravo!

elodie 29/04/2008 10:08


Tu crois que la copine va pleurer de rire elle aussi ? J'ai un doute là...