Esprit de sacrifice, es-tu là ?

Publié le par elodie

Autant prévenir les âmes innocentes qui n’ont pas encore fait l’expérience merveilleusement terrible de la maternité : la vie de mère (de père peut-être aussi, mais je parle de ce que je connais) est une vie de sacrifice.

 

On commence par sacrifier notre ligne pendant la grossesse. Pour les chanceuses, le sacrifice dure 9 mois, à peine. Pour les autres, il dure. Point.

 

Voilà pourquoi les filles qui râlent parce qu’elles prennent 20 kilos pendant leur grossesse mais qui rentrent dans leur pantalon Zadig et Voltaire taille 36 au bout de 2 mois sans une vergeture en prime, je les détestent ! Même quand elles sont de très bonnes amies qui se reconnaîtront d’ailleurs (forcément, elles ne courent pas les rues tout de même !).

 

Moi, je prenais les 11 kilos recommandés par les gynécologues (sauf une fois mais on va pas chipoter pour une seule fois, hein !). Ce qui si on retire 3 kg de bébé, 1 de placenta et autre joyeusetés, et 2 autres liés aux hormones, me laissait au final une facture de 5 kg par enfant. Merci mes petits poussins…

 

On continue par sacrifier nos nuits. Encore que de ce côté-là, je faisais plutôt partie des chanceuses. On ne peut pas perdre sur tous les tableaux ! Mais malgré tout, le bébé autosuffisant je ne crois pas que ça existe en magasin. Bien obligée donc de se lever la nuit (pas trop longtemps) et de dire adieu aux grasse mat (concept à bien retenir parce que bien plus durable).

 

Ce que n’ont peut-être pas réalisé pleinement les pas encore parents, c’est qu’il faut aussi sacrifier les soirées. Je peux donc leur proposer d’apprendre par cœur le théorème de la Marguerite (Archimède ne pouvait pas penser à tout ! ) : « tout enfant de moins de 10 ans va attendre le moment où vous croyez votre journée de parent finie pour se manifester vocalement ».

 

Impossible de prévoir un dîner en couple avec un nourrisson : il y en a généralement un qui mange pendant que l’autre console, berce, nourrit, change, endort, couche, reprend, reberce, reconsole, rendort…

 

Trois ans plus tard, c’est généralement au moment où vous éteignez la lumière de sa chambre en retenant un soupir de soulagement que les ennuis commencent. « j’ai peuuuuuuuuur du gros monstre ! »

 

Encore trois ans après, c’est le bisou final (croyez-vous) qui déclenche chez votre petit ange un besoin incompressible de vous raconter le souci qui le taraude depuis qu’il est sorti de classe.

 

Trois ans plus tard, il se lève alors que vous vous installez devant la télé pour vous ramener le « papier à rendre absolument pour demain, maman, c’est hyper méga important ah et puis j’ai rien compris aux maths et on a une évaluation lundi je sais pas comment on va faire et est ce que je peux aller chez Alexis mercredi ? ».

 

Après 10 ans, ne vous réjouissez pas trop vite, si l’enfant ne vous dérange plus c’est parce qu’il regarde la télé avec vous !


La liste des sacrifices est longue : on sacrifie ses choix culinaires (le risotto aux poireaux, citron et graines de pavot d’Eryn me tente beaucoup, mais je crois que je me contenterai de mon classique  riz à l’espagnole plutôt que d’entendre « maman, il y a des fourmis dans mon riz »), ses week-ends (et si on allait au zoo ?), ses goûts musicaux («tu veux vraiment écouter Tokyo hotel ma chérie ? »). Il ne faut pas s’étonner ensuite, si le seul programme télé que je sois parvenue à imposer est… la Nouvelle Star !

 

Mais le pire des sacrifices, c’est qu’il faut devenir presque parfait... Ce qui veut dire pour commencer, faire le tri dans son vocabulaire.

 

Quand Petit dernier s’énerve de la façon la plus explicite qui ce soit, je ne peux pas accuser la télé, à moins que Dora se soit subitement dépravée et que Mickey soit devenu trash à l’insu de son plein gré. Je pensais avoir un vocabulaire bien plus varié, pourtant, mais il semble que mes enfants ont un instinct inné pour sélectionner justement les mots que je ne voulais surtout pas les entendre répéter.

 

Avec le temps et 3 enfants, je progresse : je parle toujours aussi mal mais j’ai bien compris qu’il était non seulement inutile mais aussi dangereux de leur dire « non mon chéri, il ne faut surtout pas dire ce mot-là ». Rien de tel pour lui donner envie de le répéter 30 fois par jour. Si je veux que Petit dernier ne jure pas comme un charretier, il faut que procède à des coupes sombres dans mon propre langage.

 

« Les enfants vous allez voir, je ne vais plus prononcer un seul gros mot désormais ! » Depuis que cette bonne résolution a été prise, le résultat est plutôt consternant, et ma honte est à la hauteur de la joie des deux grands qui se battent pour comptabiliser mes oublis.

 

Le chemin de la perfection est un peu trop difficile pour moi, je pense…

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sylvie 23/05/2008 21:12

Merci pour le fou rire sur les kilos ;-) et sur les gros mots. Je me souviens des premiers mots de Flavie en voiture "quicecon!" la honte de ma vie!

NatduVenez 22/05/2008 16:46

Morte de rire !
Si après cela, y'en a qui veulent encore des enfants ! :-)
Pour les gros mots, nous, on avait fait une boite et celui qui disait un gros mot devait mettre une pièce dedans... Avec la cagnotte, on sortait un après-midi manger une glace tous ensemble !
Je pense que J'AI payé la plupart des glaces...

elodie 22/05/2008 18:39


C'est ce qu'on s'était dit aussi, mais c'est bien trop fatigant d'aller chercher un euros plusieurs fois par jour !


isabella 22/05/2008 12:48

J'ai beau réfléchir, mais non je ne veux toujours pas avoir d'enfants. Peut etre dans 10 ans!

elodie 22/05/2008 18:38


On dit ça, mais il y a un jour où sans même s'en apercevoir, on arrête de réflechir. Et c'ets là que les ennuis commencent...


Super Croquette 21/05/2008 19:07

Ben moi j'ai fait le risotto d'Eryn la semaine dernière mais je l'ai mangé toute seule ( même que ça a duré trois jours...) parce que mon mari il ressemble plus à un petit garçon à table qu'à un grand mâle viril esthète de la bonne bouffe!

elodie 22/05/2008 18:37


Je me disais aussi : elle a réussi à lui faire manger ça à lui ?????


freesia 21/05/2008 19:02

pour moi le pire a été le jour où, en bonne histérique, j'ai hurlé : " est-ce que tu m'as déjà entendu dire cela?????" et qu'un "ben oui" m'est revenu en pleine figure ! j'ai senti mon piedestal se dérober sous mes petons...
allez courage, tiens au moins une semaine histoire qu'il y ait un record à battre et que des paris familiaux puissent être lancés!
biz

elodie 22/05/2008 18:37


Si seulement je tenais plus d'une journée entière... voilà sans doute pourquoi je n'ai aucun piedestal duquel tomber ;-)