Je suis pas une bombe… et alors, de Caroline Rochet

Publié le par elodie

Non, non je ne suis pas en train de faire mon coming out. Surtout qu’il faudrait que je sois maso puisque grâce à la magie du Net, je peux encore faire croire ici que si, justement,  je suis un vraie bombe. Quoique, quand j’y pense, j’aurais peut-être dû m’abstenir de parler de mon dernier anniversaire, ou des kilos qui s’agglutinent à mes hanches pire qu’un coquillage sur son rocher.


De toutes façons, la question n’est pas là, puisque cette fois, ce n’est pas de moi mais d’un bouquin dont il s’agit. Un bouquin qui a pour titre attrayant (surtout lorsqu’il s’agit de passer à la caisse de la librairie et de subir au passage le regard scrutateur de la vendeuse) « Je suis pas une bombe et alors » et pour objectif délicat de rabattre le caquet à nos complexes


On se calme, je ne fais pas l’apologie du développement personnel, ce livre là, c’est même tout l’inverse. Pour ceux à qui ça en parle pas vraiment, le développement  personnel, c’est ce style là : « bien sûr que vous êtes belle, bien plus belle que ces poupées refaites qu’on voit à la une des magazines, parce que votre fond de commerce à vous c’est la beauté intérieure » Argh, je ne sais pas vous, mais moi c’est le genre de truc qui me donner envie de sauter à la gorge de la personne qui écrit ça, juste pour lui montrer ma colère extérieure. Dans un autre genre il y a aussi ceux qui vous expliquent que vous n’êtes pas grosse mais pulpeuse, que votre nez n’a pas de bosse mais du caractère et que vos rides sont justes les signes d’une visage vivant. Du politiquement correct auquel personne ne croit, et en tout cas rarement les intéressés.


Rien de tout ça dans ce livre, sauf que pour les rides, il ne va peut-être pas arranger les choses en poussant au sourire systématique. Le pari de Caroline Rochet est tout autre. Elle ne donne pas de leçon, et encore moins de conseils stupides en nous toisant du haut de sa silhouette de rêve et de son visage parfait. Pour commencer, comme elle le dit elle-même elle est « une parfaite représentante des PPN », ces Personnes au Physique Normal, ni phénomènes de foire, ni mannequins de chez Elite, qui constituent 99% de la population. Journaliste dans la presse féminine, elle se prend à peu près autant au sérieux que votre meilleure copine lors de vos soirées filles et a le pouvoir de vous dérider tout autant. Le tout en vous démontrant que la vie des canons, top models et autres beautés incessibles est loin d’être enviable.  Et que tout compte fait, ne pas être une bombe, non seulement ça n’est pas si terrible, mais ça peut même avoir du bon.


Au final, ce petit livre qui se lit en une soirée ne vaut sans doute pas 10 ans de thérapie. Mais en le refermant, on se sent comme après une coupe de champagne : un peu plus gaie, et le sourire aux lèvres, même si ça ne doit pas durer.

Publié dans Comme un roman

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lacroquette 09/09/2008 17:15

Je crois que c'est surtout le regard porté sur nous qui nous rend belle ou au contraire nous fait douter. Je parle du regard de celui qui compte le plus. Et quand le doute s'installe sur notre capacité à plaire encore...aie, aie, aie!

elodie 09/09/2008 18:46


Moi ça ne me suffit pas le regard de mon mari. De toutes façons le matin quand je me regarde dans la glace, je suis seule, et là déjà, c'est aïe, aïe, aïe !