Ouverture de la chasse

Publié le par elodie

Cette année, je n’ai pas loupé l’ouverture de la chasse. Je m’y suis même remise le week-end suivant. Et pire, je l’ai fait sans culpabilité aucune, voire avec un certain sadisme.

 

Je vous étonne à parler chasse ici ? Depuis le temps, vous devriez savoir que je suis souvent sans pitié pour nos amies les bêtes puisque j’ai lâchement assassiné une souris, emmuré vivant un loir et poussé à l’évacuation une famille taupe au grand complet à coups de tranchées profondes et d’installation de fosse septique.

 

Mais cette fois-ci j’ai mené le combat à une autre échelle parce que j’ai bien du assassiner une bonne cinquantaine de bêtes de tailles diverses. Les plus gros devaient bien mesurer… oh…….. disons…….. 2 millimètres. Ben oui, faut pas pousser quand même : avec pour armes principales un peigne fin et une bombe de lotion, vous ne pensez pas que je vais m’attaquer à des monstres de 2 ou 3 cm. A ce stade là, les poux (puisque c’est bien d’eux qu’il s’agit) doivent ressembler à des araignées, et si j’en vois sur la tête de mes enfants je hurle.

 

L’avantage de la chasse aux poux, c’est que ça se pratique à la maison, et à des heures normales. Parce que bien qua ça amuse certains, je ne vois pas l’intérêt d’aller chasser dans les bois. D’abord, il faut se lever tôt. Et quand je dis tôt, c’est du genre 6h. Un dimanche matin. Ce n’est pas au moment où mes schtroumpfs commencent à accepter de me laisser faire des grasses matinées jusque 8h30, voire 9heures (et hop, une petite pensée pour ma sœur qui rêve d’en arriver là) que je vais mettre mon réveil juste pour aller soi-disant m’amuser à crapahuter.

 

En plus, en général, il fait froid. Ou il pleut. Ou les deux. Que je sache, la chasse commence en automne et se poursuit une bonne partie de l’hiver. Et entre courir les champs et les sous-bois en cette saison au petit matin, et bouquiner sous ma couette en sirotant mon café, j’ai vite choisi.

 

Ensuite il faut savoir manier des armes à feu. Et quand on connaît ma capacité à me couper le genou avec une assiette (3 points de suture), à me casser le coccyx en descendant un escalier ou à me brûler un sein en repassant (véridique, mais je sens que ça va me valoir quelques requêtes googlesques étranges ce genre de révélations), rien que l’idée deme laisser un fusil chargé dans les mains, ça terrorise.

 

Alors avec tout ça, je ne parle même pas de l’idée de viser (avec un œil myope et astygmate) un trop mignon petit lièvre qui a exactement la même couleur de poils que mon chat adoré et regretté. Et de le dépecer ensuite, avant de le couper un morceaux et de le mettre dans une casserole. Comme idée régime ça pourrait marcher aussi bien que n’importe quel autre coupe-faim, mais pour le reste…

 

Non, non, ma spécialité en matière de chasse, ça reste le pou. Ce n’est pas que j’apprécie particulièrement cette occupation. Mais disons qu’avec 3 enfants dont une sauterelle qui aurait pu aisément se reconvertir en éleveuse professionnelle, j’ai une certaine expérience. Bêtement, j’avais toutefois cru que ces bêtes féroces ne parvenaient pas à s’adapter au climat vendéen parce qu’en presque 4 ans ici, mes enfants avaient miraculeusement été épargnés. Mais les miracles, comme toutes les bonnes choses, ont une fin, et à la longue, les poux ont du apprendre à vivre dans les pires conditions.

 

Pourtant,  même les poux les plus aguerris devraient savoir qu’il existe des têtes où il vaut mieux ne pas s’aventurer. J’ai donc opéré un véritable carnage avec un sadisme réel. Et j’ai aujourd’hui l’immense joie de vous annoncer que depuis « l’ouverture » (quand on vit à la campagne, et qu’on entend dire « ouverture », on sait bien qu’on parle de chasse et non pas de la dernière boîte ultra tendance), j’ai davantage rempli mon tableau de chasse que tous les vieux briscards du coin, armés jusqu’aux dents et aidés de leur chien. Comme quoi, les chasseurs venus des villes pourraient donner quelques leçons aux soi-disants spécialistes de la campagne !

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