A la cantine

Publié le par elodie

J’ai compris pourquoi les maîtresses transmettent aux parents les menus de la cantine.

 

Ce n’est pas pour les rassurer et vérifier que ces chers petits déjeunent équilibré. A moins qu’un menu constitué d’une quiche, d’une omelette de pommes de terre et d’un flan pâtissier soit soudainement considéré comme un repas diététiquement idéal, je pense que cet argument n’est pas valable.

 

Ce n’est pas non plus pour permettre aux mamans (ou aux papas qui préparent le dîner et qui ne sont donc ni mon mari ni celui de mes copines, mais je préfère les évoquer histoire de ne pas décourager les bonnes volontés) de ne pas préparer un repas presque semblable le soir. Ou alors la phrase « ah c’est marrant, on a aussi mangé du poulet (de la purée, de la pizza, des courgettes, etc) à midi à la cantine » ne serait pas un grand classique.

 

C’est encore moins pour nous donner des idées au moment de faire la liste de courses. Entre le sauté de dinde-petits pois-carottes et la saucisse purée (et pour les pauvres petits vendéens, le jambon mogette), l’imagination n’est pas la plus grande qualité des cantinières. Sans compter qu’à la cantine, le terme de saison n’a pas de sens et qu’une tartiflette en plein mois de juin n’a rien d’anachronique.

 

Non, la vraie raison, je l’ai comprise grâce à Petit Dernier. Les menus de la cantine servent uniquement à traduire en termes clairs et compréhensibles les descriptions des enfants. Et je ne les ai jamais autant consultés que depuis que je pose à Petit dernier la rituelle question « qu’est ce que tu as mangé à l’école à midi ? »

 

Je sais maintenant qu’un « truc rectangle jaune tiède » est tout simplement une crêpe au fromage. Et que plutôt que de passer 20 minutes à tenter de résoudre sans succès l’énigme du dernier repas scolaire :  «  de la saucisse avec des petits choses vertes, plus petites que des petits pois, et en cercle », je peux directement aller à la page des solutions et trouver la réponse « saucisses aux lentilles ».

 

Mais je n’ai jamais été aussi soulagée d’avoir ces menus à ma disposition que le jour où Petit dernier m’a expliqué qu’il avait mangé du « riz et un truc gris mais c’était pas du rat ». J’ai donc évité à la fois la crise cardiaque, le coup de fil outré à la mairie du village, et la visite de contrôle préventif chez le médecin, voire le passage direct aux urgences avec lavage gastrique. Je me suis contentée de lire la « traduction » et désormais je sais qu’un truc gris qui n’est pas du rat est plus connu sous le nom de « lapin à la moutarde »

 

Si vous êtes institutrice, et que vous hésitez encore à coller les menus dans les cahiers de vos élèves,  je vous en prie, continuez, mon Petit dernier n’est sans doute pas un cas unique !

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sylvie 14/06/2009 20:41

Mort de rire! J'imagine ta tête, lol. Moi c'est plus sommaire, à chaque fois F et L me répondent "c'était dégueu". Chapître clos...

elodie 16/06/2009 11:21


C'est pourquoi je ne prends plus la peine de quetsionner mes deux aînés, leur réponse étant aussi invariablement enthousiaste que celle de tes filles...


Ashley 12/06/2009 10:48

QUOI? Ils ont du jambon mogette à la cantine? Oh punaise la chance, j'adooooooooooooooore le jambon mogette (et les grillées de mogette aussi, enfin tous les trucs où y a de la mogette quoi). Et le Jambon de Vendée en tranches bien épaisses, miam. Voilà j'ai faim, merci

elodie 12/06/2009 15:02


C'est d'ailleurs à la cantine qu'on devine tout de suite quels sont ceux qui ont du sang vendéen dans les veines et qui sont tout sourire le jour du jambon mogette, et les autres (notamment les
miens) qui font la gueule... Ils devraient faire des menus brioche, je suis sûre que ça mettrait tout le monde d'accord !