L’ultime épreuve

Publié le par elodie

chaussures enfantÇa y est, je suis prête à survivre à koh lanta au moins. En tout cas, j’ai subi une séance d’entraînement intense qui ne peut que me servir au cas où je me retrouve un jour dans des conditions extrêmes. Je suis allée acheter des chaussures à mes schtroumpfs. Les 3 ensemble.

Ça n’a l’air de rien dit comme ça, mais sachez que je suis revenue sans avoir commis d’infanticide (non que l’idée n’ait pas atteint mon cerveau survolté) ni m’être faite repérée par les services sociaux (enfin, pas à ma connaissance). Tout de suite, vous comprenez que non seulement j’ai passé l’épreuve, mais que je l’ai passée haut la main.


Il faut dire que j’ai assuré dès le départ. Le timing était précis, la destination aussi, concentrée autour de deux magasins proches pour limiter à la fois le temps perdu, mais aussi les risques d’échecs. J’avais même prévu l’indispensable petit discours de préparation à mon équipe, dans un bien meilleur style que Domenech, puisque j’ai évité à la fois les insultes et la grève : « on part vous acheter des chaussures à tous les trois, je ne tolérerais aucune poursuite à travers les rayons du magasin, j’accorderai le temps nécessaire à chacun de vous trois, donc pendant que l’un d’entre vous fera les essayages, les deux autres resteront tranquilles et essaieront de repérer les chaussures qui leur plait le plus. »


Premier magasin, ça s’annonce bien, ma Sauterelle trouve tout de suite la paire qui lui plait. Manque de chance, elle en repère immédiatement une autre puis une troisième (aïe, je pensais m’en tirer avec une seule paire ce jour-là). Entre celles qui ne me plaisent pas à moi (oui, j’ai encore mon mot à dire, c’est le privilège du portefeuille !), celles qui sont épuisées dans la bonne pointure, et celles qu’on peut commander sachant qu’on peut alors concilier le modèle et la pointure, mais qu’il va donc falloir patienter quelques jours de plus, le choix n’est pas simple. Et qui dit choix, pour ma Sauterelle dit également loooooongue hésitation. Mon timing vacille sérieusement.


Hors de question d’échouer dès l’entrée ! Je décide alors de passer au Terrible. Lequel forcément ayant pris 3 pointures en un an ne trouve pas le rayon qui lui correspond et décide aussi sec qu’il n’y a rien pour lui. Après vérification, il n’a pas tout à fait tort : à moins de regarder dans le rayon adulte, où le style des chaussures n’est pas forcément adapté à ses 11 ans, il n’y a vraiment rien pour lui. Pourtant en arrivant, je pensais bien trouver son bonheur (et mon soulagement dans le secteur « junior » affichant  officiellement des tailles jusqu’au 39. J’avais oublié que ces panneaux sont mensongers et les tailles situées aux deux extrêmes sont TOUJOURS purement virtuelles). Soit, ce n’est pas pour rien que j’ai prévu un second magasin.


Il est l’heure de dégainer mon joker et de trouver fissa de quoi chausser mon Petit dernier. Là l’objectif semble plus simple : éviter de se ruiner, tout élément de sa garde robe étant condamné à finir troué dans les semaines (jours ?) qui suivent son achat. Coup de chance extraordinaire qui m’a fait sensiblement avancer dans l’épreuve : une paire de chaussures plutôt mignonnes, à sa taille, et en promotion se trouve comme par miracle juste là sous mes yeux. Je peux donc passer au second magasin dans l’espoir de terminer ma quête et de laisser ma Sauterelle réfléchir encore un peu.


Ben voyons.

 

Depuis le temps je devrais savoir que faire durer l’épreuve n’est que pur masochisme. Toute mère qui a un jour tenté de faire du shopping avec un fils pré ado pas vraiment intéressé par les fringues sait bien que la règle numéro 1 de la tranquillité d’esprit consiste à ne pas prolonger trop longtemps la durée du shopping. Ce détail m’étant bêtement sorti de la tête, j’ai donc droit à tous les arguments de mon Terrible pour en finir avec cette quête d’une nouvelle paire de chaussures. « TOUT est moche, RIEN n’est à ma taille, je savais AVANT que ça n’irait pas, je veux dormir ( ???) »  et la phrase qui résume tout : « c’est NUL ».

 

Le choix était donc simple : lui acheter n’importe quelle paire de chaussure pour la laisser au fond du placard, l’étrangler sur le champ, ou repartir les mains vides, mais les nerfs en pelote. Dis comme ça, on comprend immédiatement que je n’avais pas d’autres possibilité que de laisser tomber et de considérer que deux succès sur trois signeraient tout de même une victoire.


Surtout que la Sauterelle a enfin trouvé son bonheur. Avec une hauteur de talons qui dépasse largement mes ultimes limites, celles que je m’étais jurée de ne pas franchir. Tant pis pour moi, je pourrai désormais contempler à loisirs l’étendue de mon laxisme en levant la tête pour tenter d’observer ma fille qui me dépasse d’une bonne tête avec ses nouvelles bottines.

Mais chaque victoire a un prix, n’est-ce pas ?

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