Tom-Tom, l’ami de toute la famille
Dire que je n’ai pas le sens de l’orientation est un joli euphémisme. Quand mon papa est venu me rendre visite dans ma campagne profonde, j’ai par exemple voulu lui faire un tour du coin, à travers les jolies petites routes de campagne, et c’est lui qui n'avait jamais mis les pieds dans le coin qui m’a expliqué comment rentrer chez moi. Mais après tout, c’est normal, je suis une fille. Et puis à quoi ça servirait que Monsieur Michelin se décarcasse à dessiner tout plein de jolies cartes. Sans compter que grâce à mon ordinateur, je peux aller sur des sites qui m’indiquent ma route, avec ou sans péage, en version rapide ou pas (c’est sûr que quand on veut faire un trajet, en général on préfère que ce soit bien long, et bien ennuyeux, surtout quand on est avec ses schtroumpfs et qu’on entend en version repeat « c’est quand qu’on arrive »). C’est vrai que le plus souvent j’oublie les indications à la maison, mais c’est une autre histoire.
Contrairement à ce qu’il déclare à tout bout de champ, mon mari est à peine meilleur que moi dans ce domaine. Je me retrouve donc la plupart du temps dans le (mauvais) rôle du copilote, sous prétexte que lui conduit. Comme si on ne pouvait pas se servir de ses yeux et de ses mains en même temps ! Nos voyages en voiture sont donc plutôt animés aux cris de « mais enfin, pourquoi tu m’as dit de tourner à gauche ? » et de « Si tu n’es pas content, tu n’as qu’à la lire toi-même, ta carte ».
Comme je suis pour la paix dans le monde et surtout dans mon couple, j’ai donc eu la meilleure idée de ma vie à Noël en lui offrant un GPS. En matière de jouet, ça le change des consoles vidéo que j’ai pu lui offrir en d’autres temps, mais je crois que ça l’éclate tout autant. Depuis il ne fait plus un trajet sans demander l’avis de Tom-Tom, y compris les 3 km qui séparent la maison de son boulot, et qu’il connaît pourtant un chouia par cœur.
Ce week-end, nous sommes partis en vadrouille en famille en Anjou, et je suis à peu près sûre que sa principale motivation n’était pas de visiter des châteaux, ni même de retrouver des copains parisiens, mais tout simplement de partir en se laissant guider par son GPS. Là où j’ai été plus étonnée, c’est lorsque j’ai vu l’intérêt du GPS pour les trois schtroumpfs.
Première innovation de taille : l’heure d’arrivée prévue étant indiquée sur l’écran, on échappe à la question rituelle « c’est quand qu’on arrive ». Et là je dis bravo Tom-Tom parce qu’en 11 ans, je l’ai entendue un paquet de fois sans jamais parvenir à la contrer, ni sous la menace, ni sous la promesse de récompense, ni même en tentant de détourner leur attention. Et les plus grands étant maintenant capables de faire des soustractions et des calculs d’horaires, ils peuvent même expliquer à Petit Dernier que selon Tom-Tom on arrive dans exactement 54 minutes.
Autre avantage, pour nous qui n’avons pas de DVD portable, le GPS fait office de substitut honorable. Remarquez, mes enfants se sont un jour assis devant mon lave-linge pour le regarder tourner, alors à côté, le GPS c’est du grand art : il y a le son et l’image. Et les parents peuvent même participer « Nous on est la flèche bleue papa ? » « Oui mon chéri et toi tu es même la pointe de la flèche tu vois « « ah oui, c’est vrai je me vois ! ». Facile de devenir le roi de l’illusion grâce à Tom-Tom.
Enfin, on a même eu droit à une nouvelle arme anti-caprice. La fascination de Petit Dernier pour le GPS était un mélange d’admiration et de terreur. Son grand jeu : prendre en faute la dame du GPS. Mais à peine sorti de la voiture, la dame du GPS devenait sa hantise. On ne sait jamais, il aurait pu lui prendre l’envie de le poursuivre. Alors pour nous, c’était un nouvel argument de poids. « Allez mon chéri, obéi, sinon, tu vas voir ce qu’elle va te dire la dame du GPS. »
Le seul regret que je peux avoir sur cet instrument génial, c’est de ne pas l’avoir offert plus tôt à mon homme !