Alain Bernard et moi
Après un an (enfin, une année scolaire, donc 10 mois, mais on ne va pas chipoter pour si peu) de fréquentation régulière de la piscine, je rentre dans la cour des grands.
Celle des temps chronométrés et des grands records.
Celle où les champions se mesurent entre eux et évoquent des dixièmes, voire des centièmes de secondes.
Celle où ce qui compte ce n’est pas le look du maillot mais sa capacité à favoriser le gain d’un micromillième d’avance sur les autres.
Celle où je me compare à Alain Bernard.
Enfin, presque.
Disons pour être plus juste, que le record d’Alain Bernard est devenue la référence sur laquelle je me base pour évaluer mon propre temps sur 100 m. Avec deux minuscules modifications de détail qui ne comptent presque pas en réalité.
Je me contente de doubler le temps du champion pour trouver le mien. Vu la différence de gabarit, c’est la moindre des choses non ? Et puis c’est un homme, donc niveau muscles on ne va pas se comparer.
Donc voilà, je fais le double du temps d’Alain Bernard sur 100 mètres.
Avec des palmes.
Ben quoi ? Vous avez vu les pieds d’Alain Bernard ? Il doit bien chausser du 48 ce type-là. Il faut bien que je compense. Et puis lui il est entraîné sans palmes, alors que moi, je me suis inscrite à la nage palmée, je ne vais pas modifier ma technique pour m’ajuster à ses critères, faut pas pousser. Sans compter qu’avec les palmes on travaille presque seulement avec ses jambes, alors que notre champion national se propulse aussi à la force de ses bras.
Finalement je lui laisse presque un avantage.
A part ces légers détails, qui vous le reconnaîtrez, ne comptent quasiment pas, on peut faire la course ensemble. Je me demande même si je ne devrais pas rester discrète sur mes prouesses, histoire de ne pas atteindre son moral. C’est tellement important le mental pour un champion…