Mercredi 18 novembre 2009

Mon frère ayant assassiné accidentellement l’unique poisson rouge que nous ayons possédé dans le but louable de récréer une eau turquoise en trempant un feutre dans son bocal (circonstances atténuantes : il ne devait pas alors avoir plus de 6 ou 7 ans), je n’avais pas une expérience très pointue de l’élevage de poisson. Grave erreur, je pense dans le cas de Bubulle, acheté avec bocal, décorations kitchissimes, machine à bulles pour lui procurer de l’oxygène (si, si, monsieur Bubulle a eu droit à son jacuzzi), et autres accessoires indispensables.

 

Bubulle a donc bénéficié des soins affectueux de mes trois schtroumpfs, chargés de le nourrir (« mais pas trop parce que maman sur le site des poissons rouges on explique qu’il ne faut pas trop leur donner à manger »), de changer son eau (« un tiers à la fois parce que sur le site des poissons rouges, ils expliquent que ça peut le stresser de changer son eau d’un seul coup ») et de veiller à sa santé.


Je dois bien reconnaître qu’ils se sont très bien occupés des deux premiers points. Pour le dernier, ça a été plus problématique, mais je n’irai pas leur reprocher de ne pas savoir détecter les premiers symptômes de la maladie dont Bubulle a été victime en moins de deux semaines. Ma Sauterelle est même rapidement parvenue à poser un diagnostic au nom charmant (merci l’indispensable site des poissons rouges) et j’ai donc pu me précipiter pour acheter le médicament destiné à sauver Bubulle de la « pourriture des nageoires et de la bouche » (sic !!!).

 

Aujourd’hui, je peux vous dire une chose : si les traitements pour humains étaient aussi efficaces, on serait plutôt mal barrés. A moins que la pourriture des nageoires soit vraiment une maladie mortelle. En tout cas, Bubulle n’y a pas résisté et est décédé 15 jours après son adoption.

 

Mais le pire était encore à venir avec le désespoir absolu de Petit dernier. Désespoir qui a résisté à une journée d’école et à de devoirs de maths, signe d’une gravité extrême.

Pour tenter d’endiguer les flots de larmes, il a donc fallu enterrer Bubulle dans le jardin. J’imagine que peu de poissons rouges ont eu droit à un tel service funèbre : croix, stèles avec messages d’adieu, larmes des participants et visites pour se recueillir auprès de la tombe du défunt poisson. Nous avons donc également dû décrire le paradis des poissons, avec des coquillages, des coraux, et de belles algues. « Et des crevettes ? » Ah oui, j’oubliais des crevettes, mais il en a plein bien sûr.

 

Mais surtout il a fallu expliquer que cette fois c’était sûr, il n’y aurait pas de remplaçant à Bubulle. Ni avec des écailles, ni avec des plumes, ni avec des poils. Rien, fini, terminé. Et alléluia, une parade a été trouvée : l’animal virtuel !

 

Après tout, observer un poisson à travers un bocal ou derrière un écran d’ordinateur, c’est pareil, non ?

Par elodie - Publié dans : Ma 'ptite vie de famille
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Lundi 16 novembre 2009

J’ai cédé. Et comme à chaque fois que je cède à une demande des enfants, j’ai fini par le regretter.

 

Cette fois, la demande avait pourtant été pesée, examinée, corrigée, représentée, réexaminée. Le pour et le contre avait été largement mesuré, les arguments longuement débattus. Pour un peu, on se serait cru devant un enjeu aussi énorme que la réforme du système de santé américain.

 

Sauf que le sujet concerné n’étaient pas le bien être de millions d’Américains mais la possibilité (presque aussi essentielle apparemment) pour mes schtroumpfs d’avoir un « petit animal de compagnie » comme le dit Petit Dernier.

 

Ils m’ont bien fait comprendre que les animaux des jardins ça n’était pas du tout pareil, que les écureuils ne se laissaient pas approcher, que Bob ne montrait plus le bout de son museau et que câliner son propre animal ça n’avait rien à voir. Je veux bien, mais va expliquer ça aux allergènes familiaux ! La condition a donc vite été posée : pas de poils ! Le choix qui en découle était plutôt limité et plus encore quand on y regarde de plus près.

 

Un chat sans poils ? Quelle horreur !

 

Un oiseau ? Il y en a plein les arbres du jardin et je ne me suis pas remise de la chanson de Pierre Perret de mon enfance, hors de quetsion donc d'avoir chez moi "un petit oiseau prisonnier" !.

 

Une tortue ? Malheureusement, j’ai découvert que Caroline, la tortue de ma Mamie, la toute bête tortue terrestre, était entre temps devenue un animal protégé et interdit à la vente !

 

Je passerai rapidement sur l’option serpent-araignée-varan que personne heureusement n’a eu l’idée d’avancer.

 

Ce qui nous laissait le poisson rouge.

 

A suivre...

Par elodie - Publié dans : Ma 'ptite vie de famille
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Mardi 13 octobre 2009

Je ne sais pas si vous avez remarqué mais les enfants et les adultes ont des réactions complètement opposées  vis-à-vis de leur courrier. Mes schtroumpfs à moi (et d’après ce que j’ai compris, ils ne sont pas des cas isolés) sautent de joie quand ils reçoivent  une lettre à leur nom. Nous beaucoup moins.

 

Pour être franche, ce serait plutôt l’inverse. Au mieux la carte postale de vacances nous fait sourire, le faire part nous annonce une bonne nouvelle, mais ça doit faire 25 ans que je n’ai pas reçu une longue lettre d’une amie qui me raconte sa vie. Au quotidien mon courrier c’est plutôt factures, papiers administratifs et autres réjouissances du même style. Tout à fait le genre de choses qui ne me tirent pas le moindre commencement d’ébauche de sourire.

 

C’est sans doute ce qui explique que je ne sois pas très pressée de découvrir ce que m’apporte mon facteur tous les jours. Et que je laisse bien volontiers mes garçons se battre pour avoir l’immense bonheur d’aller chercher le courrier. Ce n’est pas plus mal parce qu’il fallait compter sur moi pour courir avec joie et entrain jusqu’à ma boite à lettres, ça n’avancerait pas le règlement de mes factures. Déjà, j’ai du mal à envoyer mon courrier, alors le récupérer, je n’en parle même pas.

 

Ce sont donc mes fils qui ont officiellement en charge la distribution du courrier, et depuis que mon Terrible a des horaires (atroces selon lui) de collégien, Petit dernier a récupéré l’essentiel de cette charge honorifique.

 

Hier, c’est donc Petit Dernier qui m’a une nouvelle fois démontré  à quel point l’âge modifiait profondément notre vision du monde, lorsqu’après son retour de la boite à lettres, il m’a annoncé fièrement, une immense sourire aux lèvres : « Maman, j’ai une  bonne nouvelle ». Mais la devinette était bien trop compliquée pour moi puisque il ne s’agissait ni d’une carte d’anniversaire en retard, ni de l’arrivée de son J’aime lire, ni d’une lettre pour ses frère et sœur.

 

Non, dans sa main, il n’y avait qu’une jolie enveloppe pour nous, adultes. Une jolie enveloppe ornée d’une Marianne en haut à gauche (à la réflexion je me demande si ce n’est pas ce qui lui a plu) et envoyé par le Ministère du budget. Tout à fait le genre d’enveloppes qui poussent comme des champignons à l’automne. Sauf que là, comble du bonheur et de la bonne nouvelle, il s’agissait un nouvel impôt à payer auquel je ne m’attendais même pas.

 

A quand la prochaine grève de la poste que je fasse enfin une pause avec les « bonnes nouvelles » ?

Par elodie - Publié dans : Ma 'ptite vie de famille
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Mardi 29 septembre 2009

Il y a deux sortes de personnes qui fréquentent les salons : ceux qui viennent pour acheter, ou au minimum, se renseigner dans le but d’acheter, et ceux qui viennent pour regarder. J’ai dans l’idée qu’au Grand Pavois, le salon nautique de La Rochelle, l’essentiel des visiteurs appartient à la seconde catégorie. Enfin, en ce qui concerne les bateaux du moins. D’expérience je peux vous assurer qu’on y achète beaucoup plus facilement des ti’punch, des habits ou des drapeaux pour décorer les chambres des enfants.

 

De toutes façons, j’ai été très claire dès le départ : « Et si on allait chercher des idées pour pas se retrouver sans idée quand on aura gagné au loto ? ». En toute logique, ce genre de proposition ne mange pas de pain et ne donne pas lieu à des objections du style « ah mais non, on ne peut pas, on a une pompe à chaleur à financer ». C’est l’avantage du mot magique loto. Va comprendre pourquoi j’ai le seul homme au monde qui aime bien la mer, qui est même en possession d’un permis bateau dont il s’est servi au moins 2 fois (mais « on ne sait jamais, on pourrait en avoir besoin un jour et ce jour là on sera bien content ») et qui trouve de quoi me répliquer « ah ben non si on  gagne au loto, on n’achète pas de bateau c’est trop d’entretien ». On sent l’homme d’expérience, pour qui les travaux à la fois multiples et insoupçonnés d’une maison ancienne n’ont plus de secrets. Mais comme j’ai toujours raison, j’ai trouvé l’argument choc : « quand on aura gagné un loto, on pourra payer quelqu’un qui s’occupera de l’entretien du bateau ».

 

Malgré toute sa magie, le mot loto reste toutefois à manier avec prudence. Je m’en suis rendu compte le jour où je suis allée remplir une grille avec Petit dernier qui a été très intrigué par ma démarche. Mes explications ont du être un peu simplistes si j’en juge sa déception lorsqu’il a appris que « non mon chéri, on n’a pas gagné ». Cette fois-ci j’ai donc bien précisé que je n’avais pas joué, donc aucune chance de gagner et que c’était juste pour voir.

 

Le souci, c’est que les vendeurs de yachts doivent avoir l’habitude des futurs gagnants du loto et que désormais ils prennent leur précaution. Soit on est munis du billet gagnant et du chèque de la Française des jeux, soit on ne monte pas sur les bateaux. Enfin, pas sur ceux qui font rêver. Le rêve doit rester flou, peut-être pour mieux éviter les déceptions aux enfants.

 

Tant pis, cela ne nous a pas empêché de critiquer, comparer et admirer, ou de choisir nos préférés même s’il faudra revenir une fois les euromillions empochés pour vérifier la taille des cabines. Parce que tout de même, je ne tente pas les supercagnottes pour me contenter de dormir dans un cagibi, non mais ho !

Par elodie - Publié dans : Ma 'ptite vie de famille
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Jeudi 24 septembre 2009

Elle sera bientôt chez elle. Dans sa chambre qui l’attend depuis longtemps. Elle fera connaissance avec son chat. Elle boira ses biberons dans les bras de ses parents. Les réveillera la nuit en pleurant. Leur offrira ses sourires en cadeau. Comme les autres bébés longtemps attendus. Ni plus ni moins.


A quelques différences près.


Elle n’est pas née aujourd’hui, ni hier mais au printemps dernier.


Elle n’a pas connu la chaleur des bras de ses parents les premières semaines qui ont suivi sa naissance.


Elle a déjà deux prénoms, l’ancien et le nouveau, comme deux facettes de sa petite vie.


Elle a des yeux immenses qui n’ont que trop tardé à découvrir le regard attendri de ses parents.


Elle n’a pas encore de passé à elle, mais déjà une longue histoire derrière elle.


Elle a été confiée par sa nourrice à sa maman et non pas l’inverse.


Elle a fait le tour du monde dans la tête de ses parents pour les surprendre à deux pas de chez eux.


Elle a été attendu une bonne cinquantaine de mois de plus que les 9 mois habituels.


Elle a été aimée, pleurée, espérée, rêvée, bien avant d’avoir été conçue.


Elle a, comme dans les contes de fée, une bonne vingtaines de marraines qui ont veillé sur elle en réchauffant le cœur de sa maman les jours les plus tristes et en frissonnant avec elle les jours d’espoir.


Elle est à la fois fleur et étoile, double symbole de beauté et de lumière, de bonheur et d’espoir.


Et c'est tout ce que je lui souhaite !
Par elodie - Publié dans : Ma p'tite vie de fille
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Vendredi 3 juillet 2009

J’adore la fin de l’année scolaire.

 

Les matins où les enfants, même tout petits, sont prêts en 2 mn chrono parce que c’est si facile d’enfiler un short ou une petite robe d’été et de chausser une paire de sandales.

 

Le soleil qui donne un avant goût de vacances même avec un cartable sur le dos.

 

Les cartables léger le matin, mais si chargés le soir et remplis d’objets hétéroclites et étranges en cette saison comme ce père noël en carton ou cette feuille morte peinturlurée, qui devaient traîner dans le casier.

 

Les séances de piscine en plein air qui voient les enfants rentrer de l’école les joues fraîches et les cheveux encore mouillés.

 

Les devoirs en version accélérée parce que « c’est la fin de l’année et que de toutes façons c’est plus la peine de travailler on a fini les évaluations ».

 

Les bulletins tendus à bout de bras et les sourires soulagés qui annoncent « maman, je passe !! ».

 

La fatigue accumulée mais qui n’inquiète personne parce que bientôt on va pouvoir se reposer.

 

Les projets de valise, de voyages, de vacances seulement interrompus par les week-ends de fête, les barbecues et les journées à la plage.

 

Le compte à rebours qui calcule le temps restant avant les vacances, le nombre de jours de classe (rien à voir avec le précédent : il faut soustraire les week-ends et les mercredis), et qui permet de comparer les infimes différences entre collège et école primaire.

 

Le dernier jour d’école, seul de l’année que mon Terrible ne veut pas louper, et où il prépare son cartable à l’avance en choisissant soigneusement les jeux qu’il va emporter.

 

La fin d’année serait vraiment parfaite sans les inévitables fêtes de fin d’année et leurs grands moments de solitude.

 

Quand je lis effarée le programme où je me vois réquisitionnée d’office à un stand pendant 5 heures d’affilée.

 

Quand je récupère les billets de tombola à vendre, autrement dit à me vendre à moi-même, et que gagner une magnifique pergola, ou une table forestière ne me fait pas fantasmer.

 

Quand je dois dénicher un tee-shirt orange et un pantalon blanc au dernier moment parce que « tous les enfants devront porter ce jour-là un tee-shirt orange et un pantalon blanc ».

 

Quand je dois préparer un gâteau qui doit être « de préférence un gâteau à l’ananas, une tarte, un flan pâtissier, un clafoutis ou des chaussons aux pommes », ce qui ne fait absolument pas partie de mes compétences et encore moins de mes envies de tests en pâtisserie. Et pourquoi pas des verrines de mousse à la framboise et aux fruits exotiques pendant qu’on y est ?

 

Quand je me retrouve assise sur ma chaise inconfortable pendant 1h30 à applaudir les enfants de toutes les autres classes afin de pouvoir satisfaire ma fierté maternelle pendant 2 mn 30.

 

Quand ma progéniture va au choix bailler, regarder le ciel, me faire coucou ou parler avec ses copains alors que ses petits camardes sont bien concentrés et s’appliquent à chanter (juste en plus) la chanson du petit escargot ou des crocodiles qui vont à la guerre.

 

Quand le monsieur de devant me laisse tout juste apercevoir la prouesse de mon enfant par-dessus son crâne dégarni.

 

Quand je dois négocier le moment du départ alors que maman « steuplaît, je peux faire une pêche aux canards ? Maman steuplaît, je peux acheter du gâteau, j’ai trop faim ? Maman steuplaît on peut rester encore, tout le monde reste ».

 

Quand enfin st surtout, la fête à lieu APRES le dernier jour d’école et qu’on ne peut même pas pousser ce soir-là le « ouf ! » bien mérité de la fin de l’année.

 

 

Par elodie - Publié dans : Ma 'ptite vie de famille
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Mardi 16 juin 2009

Après un an (enfin, une année scolaire, donc 10 mois, mais on ne va pas chipoter pour si peu) de fréquentation régulière de la piscine, je rentre dans la cour des grands.


Celle des temps chronométrés et des grands records.


Celle où les champions se mesurent entre eux et évoquent des dixièmes, voire des centièmes de secondes.


Celle où ce qui compte ce n’est pas le look du maillot mais sa capacité à favoriser le gain d’un micromillième d’avance sur les autres.


Celle où je me compare à Alain Bernard.


Enfin, presque.


Disons pour être plus juste, que le record d’Alain Bernard est devenue la référence sur laquelle je me base pour évaluer mon propre temps sur 100 m. Avec deux minuscules modifications de détail qui ne comptent presque pas en réalité.


Je me contente de doubler le temps du champion pour trouver le mien. Vu la différence de gabarit, c’est la moindre des choses non ? Et puis c’est un homme, donc niveau muscles on ne va pas se comparer.


Donc voilà, je fais le double du temps d’Alain Bernard sur 100 mètres.


Avec des palmes.


Ben quoi ? Vous avez vu les pieds d’Alain Bernard ? Il doit bien chausser du 48 ce type-là. Il faut bien que je compense. Et puis lui il est entraîné sans palmes, alors que moi, je me suis inscrite à la nage palmée, je ne vais pas modifier ma technique pour m’ajuster à ses critères, faut pas pousser. Sans compter qu’avec les palmes on travaille presque seulement avec ses jambes, alors que notre champion national se propulse aussi à la force de ses bras.


Finalement je lui laisse presque un avantage.


A part ces légers détails, qui vous le reconnaîtrez, ne comptent quasiment pas, on peut faire la course ensemble. Je me demande même si je ne devrais pas rester discrète sur mes prouesses, histoire de ne pas atteindre son moral. C’est tellement important le mental pour un champion…

Par elodie - Publié dans : Ma p'tite vie de fille
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Jeudi 11 juin 2009

J’ai compris pourquoi les maîtresses transmettent aux parents les menus de la cantine.

 

Ce n’est pas pour les rassurer et vérifier que ces chers petits déjeunent équilibré. A moins qu’un menu constitué d’une quiche, d’une omelette de pommes de terre et d’un flan pâtissier soit soudainement considéré comme un repas diététiquement idéal, je pense que cet argument n’est pas valable.

 

Ce n’est pas non plus pour permettre aux mamans (ou aux papas qui préparent le dîner et qui ne sont donc ni mon mari ni celui de mes copines, mais je préfère les évoquer histoire de ne pas décourager les bonnes volontés) de ne pas préparer un repas presque semblable le soir. Ou alors la phrase « ah c’est marrant, on a aussi mangé du poulet (de la purée, de la pizza, des courgettes, etc) à midi à la cantine » ne serait pas un grand classique.

 

C’est encore moins pour nous donner des idées au moment de faire la liste de courses. Entre le sauté de dinde-petits pois-carottes et la saucisse purée (et pour les pauvres petits vendéens, le jambon mogette), l’imagination n’est pas la plus grande qualité des cantinières. Sans compter qu’à la cantine, le terme de saison n’a pas de sens et qu’une tartiflette en plein mois de juin n’a rien d’anachronique.

 

Non, la vraie raison, je l’ai comprise grâce à Petit Dernier. Les menus de la cantine servent uniquement à traduire en termes clairs et compréhensibles les descriptions des enfants. Et je ne les ai jamais autant consultés que depuis que je pose à Petit dernier la rituelle question « qu’est ce que tu as mangé à l’école à midi ? »

 

Je sais maintenant qu’un « truc rectangle jaune tiède » est tout simplement une crêpe au fromage. Et que plutôt que de passer 20 minutes à tenter de résoudre sans succès l’énigme du dernier repas scolaire :  «  de la saucisse avec des petits choses vertes, plus petites que des petits pois, et en cercle », je peux directement aller à la page des solutions et trouver la réponse « saucisses aux lentilles ».

 

Mais je n’ai jamais été aussi soulagée d’avoir ces menus à ma disposition que le jour où Petit dernier m’a expliqué qu’il avait mangé du « riz et un truc gris mais c’était pas du rat ». J’ai donc évité à la fois la crise cardiaque, le coup de fil outré à la mairie du village, et la visite de contrôle préventif chez le médecin, voire le passage direct aux urgences avec lavage gastrique. Je me suis contentée de lire la « traduction » et désormais je sais qu’un truc gris qui n’est pas du rat est plus connu sous le nom de « lapin à la moutarde »

 

Si vous êtes institutrice, et que vous hésitez encore à coller les menus dans les cahiers de vos élèves,  je vous en prie, continuez, mon Petit dernier n’est sans doute pas un cas unique !

Par elodie - Publié dans : Ma 'ptite vie de famille
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Lundi 8 juin 2009

Pour les chuchotis fraternels qui dépassent pendant plusieurs jours le niveau sonore d’une conversation normale mais qui s’interrompent systématiquement dès mon entrée dans la pièce.

 

Pour le rouleau de scotch qui disparaît régulièrement de mon bureau dans les jours précédents, et le papier cadeau que je ne retrouve plus quand j’en ai besoin.

 

Pour leur efforts pour garder le secret et camoufler le paquet, dont je ne sais rien avant le jour J sauf que « tu vas voir, tu vas l’adorer mon cadeau maman ! »

 

Pour le sourire jusqu’aux oreilles que mon Terrible arbore dès son lever et qui ne le quitte pas même au moment de boire son bol de chocolat.

 

Pour l’arrivée à la table du petit déjeuner de Petit Dernier les yeux encore ensommeillés mais la voix déjà tonitruante pour crier « bonne fête maman ! »

 

Pour la gaucherie attendrissante de ma Sauterelle, déjà adolescente, mais qui ce jour-là veut rester petite fille et ne sait plus comment gérer cette ambiguïté.

 

Pour les froissements de papier, les petits pas dans l’escalier et les chamailleries pour savoir qui donne son cadeau d’abord.

 

Pour leurs regards et leurs grimaces d’impatience quand j’ouvre délicatement leur paquet cadeau fait main.

 

Pour les ficelles qui s’emberlificotent, les agrafes qui ne se laissent pas dégrafer et le scotch qui ne doit pas abîmer la jolie carte.

 

Pour les mots doux que personne ne leur a dictés, les petits poèmes aux rimes bancales, les messages tendres qu’ils se sont appliqués à écrire, eux qui commencent à peine à savoir former les lettres ou qui savent mais rechignent souvent à le faire.

 

Pour les  trésors d’imagination et de patience qu’il a fallu pour tracer quelques traits, peindre quelques fleurs et créer leur œuvre d’art.

 

Pour ces petites phrases précieuses, parfois maladroites mais qui n’en sont que plus touchantes et qui effacent comme par magie les coups de colère ou la fatigue.

 

Pour ces moments où on se souvient que nous aussi on a eu 10 ans et que notre maman était la plus belle et la plus gentille des mamans.

 

Pour elle qui reste notre maman chérie, pour nous qui le sommes devenues, et pour nos petits poussins qui savent si bien y faire…  

 

Par elodie - Publié dans : Ma 'ptite vie de famille
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Jeudi 28 mai 2009

La scène se passe

dans la voiture,

sur le trajet

de l’école.

 

 


 

- Moi, l’air joyeux : « oh regardez dans le champ les enfants, un poney ! Qu’il est mignon… »

- Les enfants, l’air indifférent « ah oui…. »

 

- Moi, l’air émerveillé « oh le petit lapin, là, vous le voyez, il est en train de se cacher »

- Les enfants, l’air endormi « où ça ? ah non il est plus là…»

 

- Moi, l’air attendri « oh comme il est petit cet agneau, c’est pas mignon un si petit mouton avec sa maman mouton ? »

- Les enfants, l’air blasé « ben oui, maman, c’est un bébé mouton »

 

- Moi, l’air agacé « mais elles vont se pousser les poules du voisin, je vais finir par les écraser un jour »

- Les enfants, l’air détaché : « ah bon ? »

 

Silence.

 

Puis soudain, un cri d’excitation : « Maman, maman regarde… »

- Moi, soulagée (mes enfants ne sont pas d’affreux insensibles, je devais juste leur laisser le temps de se réveiller, d’admirer par eux-mêmes la beauté de la nature au printemps) : « Qu’est ce que vous avez vu, mes chéris ? »

- Les enfants, tout à la fois fascinés et enthousiastes : « un pigeon ! »

Par elodie - Publié dans : Ma 'ptite vie de famille
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