Sur le départ
J'ai beau aimer les vacances, je n'arrive pas à me faire aux départs en vacances. Pourtant, chaque année j'essaye de me raisonner, de me dire que pour y être il faut y aller et que pour y aller il faut partir. Mais non, c'est plus fort que moi, je ne supporte pas les préparatifs.
Ça commence pas les derniers achats, la crème solaire indice 25, la casquette pour Petit Dernier de remplacement de celle oubliée à l'école, et le tube de dentifrice neuf vu l'état pathétique de celui qui orne la tablette de la salle de bains. Mais comme toutes les choses de dernière minute, ça se termine obligatoiremet par un oubli, du genre qui ne se répare pas facilement quand on s'en rend compte le samedi à 19h dans un village de 1000 habitants. Tant pis, mon fils terrible partira avec un seul pyjama, les autres étant soit trop petit soit trop chaud, et moi une vraie mère indigne qui n'a même pas imaginé qu'il avait pu grandir à ce point.
Il y a également les inévitables séances lessive-repassage parce qu'il suffit qu'il reste un seul tee-shirt dans le panier à linge pour que ce soit justement « le rose avec les bretelles que je veux vraiment emporter maman, steuplait, steuplait, sois sympa ! »
Il y a ensuite le choix de la valise. Elle doit être assez grande pour contenir la garde robe de ma grande, les doudous du petit dernier, les bermudas camouflage de Terrible et accessoirement de quoi me balader autrement qu'à poil. Elle doit être aussi assez légère pour que je puisse la porter toute seule (ça m'apprendra à abandonner lâchement mon pauvre mari), tout en tenant de l'autre main le sac de survie pour le train, Petit Dernier, mon sac à main qui sera certainement plein à craquer. Qu'elle ait en plus des roulettes, c'est nécessaire mais pas suffisant, parce qu'il y a toujours des moments où il faut porter, et je n'ai pas les bras d'Amélie Mauresmo (très franchement en temps normal ça ne me dérange pas vraiment, je voudrais juste avoir un bras Mauresmoesque de rechange pour ce genre de situation). Enfin, et ce n'est pas le plus simple, la fameuse valise doit aussi être accessible. Parce que je n'irai pas la chercher sur l'étagère du haut, que je ne peux atteindre qu'en me hissant sur la pointe des pieds sur un escabeau géant, et sur laquelle elle sera probablement recouverte d'un monceaux de vieux sacs, d'une pelle géante, d'une raquette oubliée et d'un carton de vieilles chaussures.
Et bien sûr, quand tout cela est franchi, il reste juste le pire, la valise. Vous l'aurez compris, je déteste faire les valises. Je ne suis pas une exception, mais chez moi ça tourne à la phobie pathologique. Non seulement j'attends toujours le dernier moment, mais j'oublie systématiquement l'essentiel. L'été dernier, à 50 km de notre arrivée sur la côte bretonne je me suis rendue compte que j'étais partie sans maillot. Certes, le climat breton est ce qu'il est, mais quand je vais en Bretagne, c'est quand même dans l'idée que je vais me mettre en maillot et me baigner (si, si, même dans la Manche). Et c'est seulemet en défaisant mes bagages que j'ai réalisé que tout compte fait, l'oubli du maillot était un détail puisque j'étais également partie sans culotte ni soutien-gorge. Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, j'en avais bien sur moi, mais pas dans ma valise, et en temps normal, je ne passe pas dix jours dans les mêmes souvêtements. En temps pas normal non plus d'ailleurs. La question du jour est donc « qu'est-ce que j'ai bien pu oublier cette fois ? »
Parce que ouf, j'ai fini les préparatifs, il ne me reste plus que le voyage. Six heures trente de train, avec 3 enfants dont l'occupation favorite est de se chamailler. Vivement l'arrivée ! D'ici là, souhaitez-moi de bonnes vacances bonne chance...
A dans 10 jours, si j'arrive à me désintoxiquer tout ce temps...