Quand y en n'a plus y en a encore
Les gens normaux achètent d’abord un petit appartement. Puis quand ils ont économisé assez de sous se sont fait la main, il passent à quelque chose de plus grand. Dans la série, on en fait rien comme les autres, pour nous bien évidemment, ça ne s’est pas passé du tout comme ça. On a acheté tout de suite une grande maison. Et sans avoir gagné au loto, je vous le dis tout de suite.
Il faut dire qu’avant d’atterrir dans la campagne vendéenne, nous avons vécu à Paris et sur la côte d’azur. Pour simplifier (et pour ceux qui venant d’une autre planète ne seraient pas encore au courant), on va dire que le marché de l’immobilier dans ces coins là était un chouia au-dessus de nos moyens. Alors quand nous avons déménagé dans un département qui ne joue carrément pas dans la même cour, on a vu grand. Après des années à se serrer dans des pièces exiguës où il fallait réussir à caser de lits superposés en même temps que des bureaux plus des jouets, plus des rangements pour les habits, et ça rien que pour des schtroumpfs en bas âge, l’espace était devenu un rêve. Inutile de dire que quand le rêve est devenu accessible on n’a pas hésité longtemps. Et cerise sur le gâteau, on est tombés sur la maison ancienne spacieuse et avec du charme.
Mais (évidemment qu’il y a un « mais », qu’est-ce que vous croyiez ?) comme chacun sait, on a à peu près autant de chances de trouver dans le même lieu le charme et le fonctionnel que de rencontrer un homme (ou une femme, je ne suis pas sectaire) beau, jeune, riche, intelligent, gentil et qui vous aime. Autrement dit, ça arrive, mais c’est rare à moins de s’appeler Cendrillon (et encore, si ça se trouve il était con, le Prince Charmant, en tout cas je ne lui trouve vraiment pas l’air futé). Notre maison nous plait donc beaucoup, mais coté pratique il y a des choses à revoir. D’ailleurs c’est ce qu’on fait, on les revoit. Et c’est là que les choses s’enchaînent sans qu’on y pense.
On a commencé par installer le chauffage central (quand je dis pas fonctionnel, je ne plaisante pas, surtout que côté chaleur, ce n’est pas l’Andalousie ici).
Pour s’apercevoir ensuite qu’on continuait à se geler alors que chaque mois d’hiver nous coûtait environ un rein en chauffage (nous sommes 5, à raison de 2 reins par personne, on ne tient que 10 mois d’hiver : ça fait peu !).
Nous avons donc fait changer les fenêtres. Sauf que vu le nombre et la différence de prix, les nouvelles fenêtres étaient certes en double vitrages mais aussi en bois brut.
Nous voilà donc partis pour les repeindre avant la mauvaise saison. D’où une question de pure logique : quand il n’y a pas de belle saison, quand peut-on estimer que commence la mauvaise saison ? Et un problème de maths : sachant qu’il y a 3 portes fenêtres et 5 fenêtres, qu’il faut poser 4 couches par face (intérieur et extérieur) et laisser sécher environ 24 h sans fermer, combien de nuits devons-nous passer dans le froid avant d’avoir réussi à tout peindre ?
D’accord, avec tout ça, on va pouvoir faire de nos enfants des génies en calcul mental, mais va falloir investir dans les polaires si on ne veut pas en faire des génies malades. Ou graisser la patte de Monsieur Météo pour qu’il nous laisse suffisamment de belles journées et de nuits douces pour avoir le temps de tout finir avant les premiers grands froids !