Une pièce montée, de Blandine le Callet
Un mariage chic et bourgeois à la campagne, les belles toilettes et les chapeaux sont de sorties, mais les pensées secrètes des uns et des autres ne sont pas forcément plus jolies pour autant.
On dit souvent que les mariages sont des endroits parfaits pour rencontrer l'âme soeur. A en croire Blandine Le Callet, ils sont surtout une belle occasion de cristalliser les sentiments profonds de chacun d'entre nous ou de ceux que nous côtoyons lors d'une telle occasion.
De la petite fille d'honneur à la mariée, du séducteur mondain aux couples aux failles parfois touchantes, de la grand-mère rebelle au curé désabusé, neuf personnages se relayent pour dresser un compte rendu de cette journée, qui sera pour eux particulière. A travers leur vision de la cérémonie, c'est le regard acerbe et ironique de Blandine Le Callet qui décrit les recoins cachés d'âmes ni tout à fait blanches, ni tout à fait noires.
Si le ton est enjoué, léger, le propos, lui est plus amer. Les mariages se veulent un moment de bonheur parfait qui donnent à croire en une image du couple parfaitement lisse. Ils sont l'apothéose de l'hypocrisie bourgeoise que l'auteur semble connaître sur le bout des doigts. A observer plus attentivement les invités à cette fête, cette façade vole vite en éclat, la vérité des uns et des autres nous est révélée beaucoup plus nuancée que cette image en rose et blanc.
La pièce montée, apparemment futile et délicieuse, peut aussi se révéler écoeurante.