Supermarché, super-galère
Je déteste faire les courses. Ce que je ne sais pas encore, c’est ce que je déteste le plus quand je fais les courses. Quand j’ai mes schtroumpfs avec moi (en période de vacances… ou de varicelle) le pire, c’est sans doute de passer mon temps à les rassembler tout en répétant « non, je ne veux pas acheter ça et être la maman la plus cool du monde entier ». Le reste du temps, je n’ai que l’embarras du choix.
Je déteste attendre que la mamie qui va bientôt libérer sa place dans le parking range ses sacs tous correctement alignés dans son coffre, cherche sa clé de voiture, ouvre lentement la porte, dépose son sac bien installé sur le siège passager, referme la porte, vérifie que la porte est bien fermée, aille remettre son caddie, rencontre une copine et se tape la discut… après je ne sais plus, en général je craque même avant et pars à la recherche d’une autre place.
Je déteste tenter de mettre mon jeton dans un caddie cassé, forcer, tirer, renoncer et en choisir un autre finalement. Celui qui roule de travers avec un bruit de vieille portière rouillée.
Je déteste avoir préparé une liste longue comme le bras, de façon quasi professionnelle selon l’ordre d’apparition des rayons, et l’oublier à la maison. Ou, variante, l’avoir dans mon sac où elle cohabite avec la liste de la dernière fois et celle de l’avant dernière fois ce qui rend bien plus problématique le remplissage du caddie. Ou autre variante, la trouver, la tenir dans ma main 30 secondes, puis la déposer dans un endroit improbable dès que j’attrape un produit dans un rayon.
Je déteste quand le produit qui m’intéresse est justement celui qui est tout en haut du rayon, là où j’arrive à peine à l’effleurer de mes doigts mais pas à l’attraper vraiment. Je déteste aussi quand dans ces cas là il n’y a que des petites vieilles dames charmantes et minuscules, qui ne peuvent vraiment pas m’aider à moins que je ne me décide à piquer leur canne pour rapprocher le produit trop haut (mais non je ne le fais pas, je ne suis pas un monstre !). Ou (pire ?) quand il y a justement une jeune femme ravissante avec des jambes deux fois plus longues que les miennes, qui me dépasse donc d’une bonne tête et qui donc, elle, peut aisément me rendre ce service, et qui en plus le fait avec le sourire. C’est fou comme la gentillesse de certaines peut finalement me déprimer parfois.
Je déteste quand il n’y a rupture de stock juste sur l’ingrédient indispensable au plat que justement j’avais prévu de faire le soir même. Ou quand tous les paquets des 8 ou 16 yaourts que j’achète systématiquement affichent une date de péremption pour le lendemain.
Je déteste choisir une caisse, parce que je sais que je vais systématiquement faire LE mauvais choix et m’embarquer dans la caisse qui va bloquer, celle où les gens qui me précèdent voudront forcément faire l’appoint au cent près, celle où la caissière va devoir faire ses comptes ou passer le relais à une autre collègue, celle où la dame devant moi va avoir oublier de peser ses 3 tomates, pendant qu’à côté je vais regarder, agacée, les files d’attente se réduire à vitesse grand V.
Je déteste aussi être justement celle qui est cause de ce ralentissement. Comme hier quand Petit Dernier m’a gentiment aidé à fracasser le pot de cornichons taille maxi contre la caisse et accessoirement à faire subir un lavage au vinaigre à mon sac à mains. Ou quand j’ai attrapé un sac que la vendeuse du rayon poisson avait mal scellé et que je me suis retrouvée à ramasser à mains nues 1 kilo de crevettes éparpillées sur mon caddie.
Rassurez-moi, il n'y a pas qu'à moi que tout ça arrive ?